Covid-19 : "Nous sommes arrivés à ce moment de la sortie du quoi qu'il en coûte", estime Bruno Le Maire

Covid-19 : "Nous sommes arrivés à ce moment de la sortie du quoi qu'il en coûte", estime Bruno Le Maire
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le 26 mai 2021.

publié le jeudi 27 mai 2021 à 18h30

La sortie se fera de façon progressive, a toutefois assuré le ministre de l'Economie alors que le projet de loi de finances rectificative, présenté débuté juin, comprendra encore 15,5 milliards d'euros d'aides supplémentaires.

Si la France lève progressivement les restrictions mises en place pour endiguer l'épidémie de coronavirus, la reprise de l'économie est tout aussi progressive, contraignant le gouvernement à recharger de nouveau les dispositifs d'aides d'urgence, faisant inexorablement grimper le coût de la crise sanitaire même s'il promet la fin prochaine du "quoi qu'il en coûte".



Le projet de loi de finances rectificative (PLFR), qui sera présenté le 2 juin en conseil des ministres, comprendra 15,5 milliards d'euros supplémentaires pour financer les aides d'urgence mises en place l'an dernier dans les premières semaines de la crise, a ainsi annoncé le ministère de l'Economie jeudi 27 mai. Quelque 6,5 milliards d'euros permettront de financer l'activité partielle, 4 milliards d'euros financeront des exonérations de charges et 3,5 milliards d'euros le fonds de solidarité.

Ajoutés au 7,2 milliards d'euros déjà rallongés début mai, dont 6,7 milliards pour le fonds de solidarité, et aux enveloppes prévues avant cela, au total le gouvernement aura budgété environ 43 milliards d'euros pour ces principaux dispositifs d'urgence pour 2021. L'an dernier, l'Etat avait dépensé près de 42 milliards d'euros via la mission d'urgence liée à la crise du Covid-19, selon la Cour des comptes. 

Et c'est sans parler du front strictement sanitaire.

La persistance de l'épidémie et la campagne de vaccination devraient aussi engendrer "entre 9 et 10 milliards d'euros" de dépenses de santé, contre 4,3 milliards inscrits dans le budget de la Sécurité sociale, a estimé mercredi son directeur Franck von Lennep.

Mais à Bercy, on reste optimiste. "'Ce quoi qu'il en coûte' nous a permis de faire face à une crise économique sans précédent (...) il a protégé l'économie française, il a sauvé les emplois et il nous permet maintenant de rebondir vite et fort. Mais il ne peut pas être la règle dans des circonstances normales", a souligné dans un entretien aux Echos publié jeudi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Les aides "doivent traduire notre transition (d'un soutien économique généralisé) vers un soutien ciblé pour les entreprises ayant connu les plus grandes difficultés", comme celle du secteur du tourisme, de la restauration et de l'hôtellerie, a ajouté le ministre délégué aux Comptes publics Olivier Dussopt au cours de ce même entretien. "Nous sommes arrivés à ce moment de la sortie du quoi qu'il en coûte, mais nous le faisons progressivement", a résumé Bruno Le Maire sur France Inter.

Car malgré le gonflement des enveloppes, le montant des aides va progressivement se réduire, à mesure que les restrictions sanitaires sont levées et que l'activité reprend en conséquence. Le fonds de solidarité est notamment censé s'éteindre progressivement à la fin août, sous réserve de la poursuite de l'amélioration de la situation sanitaire. Le recours au chômage partiel, lui, devrait basculer petit à petit vers le dispositif d'activité partielle de longue durée mis sur pied l'an dernier.

Mais Bruno le Maire reste prudent, promettant "d'ici la fin du mois d'août (...) un point définitif sur la situation du monde économique" pour voir "quelles sont les toutes dernières aides qu'il faudra maintenir". Le ministre compte sur le rebond de l'économie grâce au déconfinement pour doper la croissance. Les premiers indicateurs sont de fait encourageants, avec un moral des ménages et une confiance des entreprises qui s'améliorent nettement en mai.

Conséquence de la prolongation de ces mesures d'aides, le déficit public, annoncé pour l'instant autour de 9% cette année, sera "supérieur" à ce chiffre, a prévenu Bruno Le Maire, et la dette publique atteindra "environ 118% du PIB". D'autant que d'autres dépenses vont aussi intégrer le PLFR.

Celui-ci comprendra notamment une rallonge de 600 millions d'euros pour le fonds de transition dédié à faciliter les besoins de financement des entreprises viables en sortie de crise, le portant ainsi à 3 milliards d'euros. Il intégrera également un déplafonnement des montants de report en arrière des déficits fiscaux de 2020 (carry-back), un dispositif comptable qui permet à une entreprise de réduire le montant de son impôt et qui était jusqu'ici plafonné à 1 million d'euros, une procédure de restructuration simplifiée des dettes des entreprises.

Le PLFR comprendra enfin des annonces récentes du gouvernement, comme les 700 millions d'euros alloués au maintien des places d'hébergement d'urgence, les 300 millions d'euros destinés aux indemnisations des agriculteurs touchés par le gel ou encore les 100 millions d'euros du "Pass'Sport" à destination des jeunes.

"Ces nouvelles dépenses seront compensées, dès le PLFR, par de moindres dépenses ailleurs", a toutefois précisé Olivier Dussopt.
 

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