Covid-19 : "moins de 1% des clusters sont détectés dans les transports en commun", affirme Jean-Baptiste Djebbari

Covid-19 : "moins de 1% des clusters sont détectés dans les transports en commun", affirme Jean-Baptiste Djebbari
Sur les quais du RER, Gare du Nord à Paris, en mai 2020.

, publié le lundi 26 octobre 2020 à 07h40

Si le ministre délégué chargé des Transports estime que les transports en commun ne sont pas des lieux de contamination importants, il reconnaît toutefois la difficulté de retracer les lieux de contaminations.

Alors qu'un couvre-feu a été instauré dans 54 départements et en Polynésie française pour endiguer l'épidémie de coronavirus, le ministre délégué chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari a affirmé dimanche 25 octobre que "moins de 1% des 'clusters' sont détectés dans les transports en commun", en s'appuyant sur les données de Santé publique France. 



"Cela est vérifié un peu partout dans le monde et de façon continue", a-t-il affirmé dans le Grand Rendez-vous Europe 1-C News-Les Echos. Le ministre a indiqué que les entreprises publiques et privées représentaient "un quart" des foyers de contamination. "Cela dit, c'est vrai qu'on ne sait pas totalement retracer les parcours individuels, il faut objectivement le dire", a reconnu Jean-Baptiste Djebbari.

"Tant qu'on ne sait pas tracer individuellement les flux (...), on aura du mal à cartographier précisément les lieux dans lesquels les contaminations se propagent", a-t-il poursuivi.

Si le ministre assure que peu de contaminations ont lieu dans les transports en commun, les usagers les ont néanmoins en grande partie désertés et il y aura un "problème de modèle économique des transports en commun" si le "décrochage" de la fréquentation des transports en commun perdure. Jean-Baptiste Djebbari a cité l'exemple de la fréquentation du métro parisien, inférieure actuellement "de 40%" par rapport à l'an dernier.

"Ca promet d'être assez durable, c'est évidemment des sommes qui sont colossales. Il faudra si tout cela perdure - y compris par des effets structurels, le recours au télétravail, une forme de 'démétropolisation' (...) - avoir cette discussion rationnelle, froide, lucide, avec les gens qui aujourd'hui organisent les transports en région, parce que ce sont des volumes considérables" a-t-il poursuivi. La présidente d'Île-de-France Mobilités (IDFM) Valérie Pécresse est parvenue début septembre à un accord avec le gouvernement pour compenser les pertes de recettes liées au Covid-19, estimées à 2,6 milliards d'euros cette année.

Quant aux TGV, le ministre a précisé qu'"il n'y a pas de sujet de fermetures de lignes", mais "peut être" à "un moment d'adapter les fréquences quand sur tel ou tel trajet vous avez beaucoup de TGV".

Interrogé sur une éventuelle nationalisation du groupe aérien Air France-KLM, dont l'Etat détient 14,3% du capital, Jean-Baptiste Djebbari a répondu que c'était une "option technique". "Nationaliser simplement pour soutenir une entreprise c'est une chose. Techniquement, rentrer dans une ouverture de capital c'est une solution de court terme", a-t-il toutefois souligné. "La réalité c'est que la question qui doit se poser maintenant (...)" c'est "quelle doit être la réalité du modèle économique d'Air France-KLM, comment l'entreprise doit se développer, quels besoins en trésorerie, en cash et quel rôle de l'Etat ? C'est des questions qu'on doit prendre dans cet ordre-là et pas par la conclusion", a-t-il poursuivi.

Fin septembre, le PDG d'Air France-KLM Benjamin Smith avait évoqué une éventuelle recapitalisation du groupe et estimé que les aides de plus de 10 milliards d'euros apportées à Air France-KLM par les Etats français et néerlandais permettront au groupe "de tenir moins de 12 mois". Depuis, la situation du secteur ne s'est pas améliorée, le redémarrage espéré à l'automne étant freiné par la nouvelle vague de Covid-19.
 

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