Covid-19 : Emmanuel Macron va rappeler les Français à l'ordre

Covid-19 : Emmanuel Macron va rappeler les Français à l'ordre
Emmanuel Macron à Breil-sur-Roya le 7 octobre.

, publié le mardi 13 octobre 2020 à 13h00

Nouvelles restrictions ciblées, couvre-feu, reconfinements locaux : différentes dispositions ont été examinées, mardi 13 octobre, par le chef de l'Etat et les ministres concernés par la crise au cours d'un conseil de défense sanitaire à l'Elysée.

Face à la "deuxième vague forte" de Covid-19 - selon les mots du Premier ministre Jean Castex lundi -, le chef de l'Etat s'adresse aux Français mercredi soir. Il devrait leur demander un véritable changement de comportement et sans doute annoncer de nouvelles mesures. Rien ne devrait être annoncé avant qu'Emmanuel Macron ne soit interrogé mercredi à 19H55 sur TF1 et France 2, sa première longue intervention sur le coronavirus depuis son interview du 14 juillet. 




"Je crois que tout est envisageable, tout est sur la table et rien n'est à exclure puisque le virus évolue", a lâché Marlène Schiappa, ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, sur LCI. La priorité de l'exécutif reste surtout d'éviter tout reconfinement général, pour ne pas remettre l'économie à l'arrêt comme au printemps.

Emmanuel Macron reprend la parole face à la "gravité" de la situation 

Après avoir laissé pendant plusieurs semaines le Premier ministre Jean Castex, le ministre de la Santé Olivier Véran et les préfets égrener des restrictions ciblées et locales, le président a décidé de reprendre la parole face aux Français en raison de la "gravité" de la situation, selon son entourage.




Il fait ainsi comme les autres dirigeants européens : l'Allemande Angela Merkel, le Britannique Boris Johnson ou l'Espagnol Pedro Sanchez ont tous prévenu leurs concitoyens que "les moments les plus difficiles sont devant nous".

Convaincre les Français que la lutte se joue dans la sphère privée

La France est l'un des pays les plus touchés. Jour après jour, le taux d'incidence (nombre de cas positifs pour 100.000 habitants) grimpe au point d'atteindre des niveaux hors de contrôle, en particulier chez les 20-30 ans avec un record à Paris, où ce taux vient de dépasser 800 quand le niveau d'alerte est à 50. Mais il monte dans toutes les tranches d'âge et dans de nombreuses métropoles. "Le virus circule rapidement et partout sur l'ensemble du territoire", résume l'Elysée. 

Confronté à cette dégradation, l'exécutif fait face à un défi de taille : convaincre les Français que la lutte se joue surtout dans la sphère privée. "Il y a 50% de responsabilité individuelle. On n'y arrivera pas si les gens ne s'y mettent pas", souligne une source gouvernementale. Le patron de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris Martin Hirsch appelle, dans le Parisien, "tout le monde à avoir 20% de contacts sociaux en moins".

"Espérer que les comportements deviendront plus responsables"

Emmanuel Macron devrait donc appeler au "sursaut citoyen", alors que l'Etat n'a juridiquement pas le pouvoir de contrôler les foyers.

"Le virus va rester sûrement plusieurs mois. Nous devons nous adapter pour éviter des stop and go trop rudes et espérer que les comportements deviendront plus responsables", a déclaré Jean Castex mardi matin devant les députés LREM.

Lundi, le Premier ministre n'avait pas exclu des reconfinements locaux tandis que certains médecins, dont Jean-Pierre Delfraissy, le président du Conseil scientifique, ont évoqué l'éventualité d'imposer des couvre-feux, en particulier à Paris et en Ile-de-France.

Situation très dégradée en Ile-de-France 

Une telle mesure est appliquée en Guyane depuis mars, avec des horaires qui ont varié selon l'évolution de l'épidémie. Plusieurs grandes villes allemandes, dont Berlin ou Francfort, ont également instauré un "couvre-feu" avec la fermeture des commerces, bars et restaurants entre 23H00 et 06H00.

L'exécutif est particulièrement préoccupé par la dégradation de la situation en Ile-de-France, où le taux de positivité des tests frôle les 17% et le taux d'occupation des lits de réanimation de la région à 42% de malades Covid, provoquant des déprogrammations d'opérations.

"Reconfinement partiel", "sinon on ne va pas s'en sortir"

Il faut "un reconfinement partiel" dans les zones les plus touchées, "sinon on ne va pas s'en sortir", juge sur RMC Christian Brechot, président du Global Virus Network (VGN), ancien directeur de l'institut Pasteur. "Mais il faut donner quand même un message positif : on voir arriver des progrès thérapeutiques, pas seulement les vaccins", a-t-il ajouté, en prédisant que l'épidémie "va durer au moins jusqu'à à la fin 2021". 

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