Covid-19 : Edouard Philippe estime que sa gestion de la crise "a permis de sauver beaucoup de vies"

Covid-19 : Edouard Philippe estime que sa gestion de la crise "a permis de sauver beaucoup de vies"
L'ancien Premier ministre Edouard Philippe, en juillet 2020.

, publié le mercredi 21 octobre 2020 à 22h45

Si l'ancien Premier ministre a reconnu certaines erreurs de communication, notamment sur les masques, il a insisté, devant la commission d'enquête de l'Assemblée, sur le caractère incertain, partiel et évolutif des informations dont il a disposé pour fonder ses décisions. 

Entendu durant près de trois heures par la commission d'enquête sur le coronavirus de l'Assemblée mercredi 21 octobre, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe a été questionné sur les tenants et aboutissants de certaines décisions prises entre janvier 2020, date des premiers signaux d'alerte autour du virus, jusqu'au déconfinement à la fin du printemps. Devant les députés, l'actuel maire du Havre a défendu sa gestion de la crise. 



"Je pense que la façon dont nous avons géré la crise a permis de sauver beaucoup de vies.

Pas toutes. Mais ce serait bien qu'on se le dise un petit peu", a lancé l'ancien chef du gouvernement qui a récusé tout retard à l'allumage. "Notre capacité de réaction m'a paru rapide", a-t-il estimé. 

L'ancien Premier ministre a en revanche insisté sur le caractère incertain, partiel et évolutif des informations dont il a disposé pour fonder ses décisions face à un virus jusque-là inconnu. Edouard Philippe a également souligné la difficulté de trancher "quand vous avez immédiatement le risque pénal sur le dos", alors que lui-même est mis en cause avec d'autres membres de son gouvernement dans une enquête de la Cour de justice de la République.

Interrogé sur des erreurs de communication, l'ancien Premier ministre a consenti se trouver rétrospectivement "en porte-à-faux" sur le sujet des masques, après avoir dit "à un 13H de TF1 que le port du masque en population générale n'avait aucun sens". Edouard Philippe a néanmoins expliqué assumer ses propos.

Parmi les "choses qui n'ont pas bien fonctionné", le maire du Havre a soulignél'incapacité collective "à avoir un débat public ordonné autour des questions médicales et scientifiques". "Je suis convaincu que l'invective permanente, la critique violente sur des questions complexes et incertaines, a considérablement nui à la façon dont nos concitoyens pouvaient appréhender la part du combat qui dépendait d'eux", a-t-il déploré, sans toutefois citer les controverses qui ont opposé le gouvernement au professeur marseillais Didier Raoult.

Edouard Philippe a aussi souligné que les "instruments de planification" (stocks de masque, de médicaments...) n'avaient pas été "totalement adaptés" à la crise et que le dialogue entre les échelons locaux et nationaux n'avaient pas été optimaux. Mais "l'immense majorité du pays s'est conformé aux instructions données et a fait de son mieux", a-t-il martelé.

Revenant sur l'épisode du maintien controversé du premier tour des élections municipales le 15 mars, juste avant de confiner le pays, le Premier ministre a révélé les pressions contradictoires de tous bords et jusqu'à la veille au soir du scrutin, où certains lui ont promis "la guerre" si "les élections ne se tiennent pas". Mais selon l'ancien chef du gouvernement, la décision de tenir le vote a été la bonne : dans le scénario contraire, "je pense qu'à la crise sanitaire dure se serait ajoutée une crise politique très dure".

L'ancien locataire de Matignon a enfin assuré avoir nourri "des vraies angoisses pendant cette crise". "Quand vous avez des directeurs d'hôpitaux qui vous disent 'dans 36 heures, j'ai plus de curare et j'ai un service de réanimation plein', vous n'êtes pas exactement détendu", a-t-il pointé.
 

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