Covid-19 : confiner les plus vulnérables "n'est pas une option", assure Olivier Véran

Covid-19 : confiner les plus vulnérables "n'est pas une option", assure Olivier Véran
Le ministre de la Santé Olivier Véran accompagné de la ministre déléguée à l'Autonomie Brigitte Bourguignon le 6 novembre 2020 dans un Ephad de Clamart (Hauts-de-Seine).

, publié le vendredi 06 novembre 2020 à 13h06

Confiner les personnes les plus vulnérables "n'est pas une option que nous avons retenue ou que nous retiendrons", a assuré vendredi matin le ministre de la Santé, rappelant que l'âge moyen d'un patient en réanimation était de 62 ans.




Faut-il confiner seulement les personnes les plus à risques ? Alors que selon Le Monde, l'exécutif réfléchit à un scénario conduisant à l'avenir à un confinement des seules personnes vulnérables si l'épidémie se réduit afin de préserver la vie économique et sociale avant l'arrivée d'un vaccin, sans doute pas avant le printemps/été prochain, le ministre de la Santé Olivier Véran a dit non. 

"A la fois pour des raisons de faisabilité et à la fois pour des raisons de solidarité entre les générations, ce n'est pas une solution que nous avons retenue ou que nous retiendrons", a-t-il assuré vendredi 6 novembre lors d'un déplacement dans un Ehpad de Clamart, dans les Hauts-de-Seine. "L'âge moyen d'un patient en réanimation, c'est 62 ans.

30% des patients en réanimation ont moins de 60 ans. C'est-à-dire que si vous mettez un âge à 60 ans, vous vous dites : ce n'est pas grave, il y a 30% de gens qui ont moins de 60 ans qui ne seront pas confinés, qui seront mis en danger et qui pourront continuer à aller en réanimation, a expliqué Olivier Véran jugeant ce genre de choix "très compliqué".

"Et ensuite, quelle est la faisabilité ? Si vous êtes un couple de retraités qui vivez dans une résidence pavillonnaire avec pourquoi pas un jardin et pourquoi pas un entourage qui est capable de vous aider au quotidien, peut-être que le confinement est envisageable. Mais si vous habitez dans un quartier populaire, que vous êtes parfois à deux ou trois générations dans un appartement, et parfois 10 personnes dans un trois-pièces, vous faites comment ?", a interrogé le ministre de la Santé. 

"Cette voie n'est pas, au moment où je vous parle, utilisable", a avait également assuré la semaine dernière Emmanuel Macron lors de son allocution du 28 octobre. Pourtant, cette hypothèse est "défendue à bas bruit, et évoquée sous le couvert de l'anonymat, par certains membres du premier cercle présidentiel", explique Le Monde. "Nous avons fait le choix d'éviter des morts visibles pour avoir des morts invisibles. Là, les morts invisibles vont commencer à se voir", aurait mis en garde un visiteur du soir du chef de l'Etat en référence à toutes les victimes de la crise économique. "A titre personnel, je suis prêt à prendre un risque sanitaire plus fort pour maintenir plus de vies", a par ailleurs expliqué un ministre au quotidien du soir. L'idée d'un confinement ciblé reste cependant minoritaire au sein de la majorité et de l'exécutif, écrit le journal. 

Dans un avis rendu le 26 octobre, le Conseil scientifique évoquait le chiffre de 22 millions de personnes pouvant être aujourd'hui considérées comme vulnérables au Covid-19: les plus de 65 ans, les sujets jeunes "avec facteurs de comorbidité (diabète, surpoids, insuffisance rénale, cancer)", ainsi que les personnes en situation de "grande précarité".
 

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