Covid-19 : confinements locaux, couvre-feu... Ce que pourrait annoncer l'exécutif

Covid-19 : confinements locaux, couvre-feu... Ce que pourrait annoncer l'exécutif
Jean Castex et Emmanuel Macron le 14 juillet à Paris.

, publié le mardi 13 octobre 2020 à 08h00

Alors que les indicateurs se dégradent, le Premier ministre Jean Castex confirmant pour la première fois la "réalité" de la "deuxième vague" de l'épidémie en France, le gouvernement envisage plusieurs scénarios. Emmanuel Macron prendra la parole mercredi soir et de nouvelles restrictions pourraient être annoncées. 

Reconfinements ou couvre-feux localisés, restrictions de circulation, nouveau tour de vis dans les lieux publics...

Alors que l'épidémie se propage à nouveau de façon préoccupante et que les voisins européens de la France imposent des mesures contraignantes, l'exécutif planche sur celles à adopter. 




Le pays est "dans une deuxième vague forte" de l'épidémie et "il ne peut plus y avoir de relâchement", a averti le Premier ministre Jean Castex, lundi 12 octobre sur Franceinfo, sans exclure si nécessaire des reconfinements localisés. "Un reconfinement général", dont "les conséquences sont absolument dramatiques", "doit être par tous moyens évité", a-t-il souligné. C'est possible, si nous nous y mettons tous", a affirmé le chef du gouvernement. 

"Rien ne doit être exclu" 

Mais Jean Castex juge à propos de possibles confinements locaux. "Rien ne doit être exclu quand on voit la situation dans nos hôpitaux", prévient le chef du gouvernement. En effet, les nouvelles contaminations ne cessent d'augmenter, de même que les admissions en réanimation

Si les services hospitaliers sont lancés dans une course contre la montre, Jean Castex a comparé la lutte contre le Covid-19 à "une course d'endurance", qui "va durer plusieurs mois". 

L'hypothèse de couvre-feux localisés 


Quid d'un couvre-feu ? Plusieurs médias évoquent cette piste mardi. En Allemagne, plusieurs grandes villes, dont Berlin, Francfort et Cologne, ont imposé des restrictions nocturnes aux bars et aux restaurants ce week-end. A Berlin, le couvre-feu concerne tous les magasins sauf les pharmacies et stations-service (la vente d'alcool étant interdite dans les stations-service). 

Le président du Conseil scientifique - qui guide les choix du gouvernement -, le Pr Jean-François Delfraissy, n'exclut pas la possibilité de couvre-feu en cas d'absolue nécessité.

Macron au "20 Heures"

Mercredi soir, Emmanuel Macron s'exprimera à la télévision à 19h55. "Dans les endroits où ça circule trop vite, en particulier où ça circule beaucoup chez les personnes âgées, qui sont les plus vulnérables, et où on voit de plus en plus de lits occupés aux urgences, on doit aller vers plus de restrictions", a prévenu Emmanuel Macron la semaine dernière. 

Avant la prise de parole du chef de l'Etat, se sera tenu un Conseil de défense à l'Elysée, à l'issue duquel le gouvernement pourrait annoncer de nouvelles mesures.  

Alerte maximale dans neuf grandes villes 

De nombreuses villes comme Paris, Marseille, Lyon ou Lille sont déjà en "alerte maximale" face au virus, ce qui a notamment entraîné la fermeture des bars et un protocole sanitaire plus strict dans les restaurants, ainsi que la fermeture des équipements sportifs. Toulouse et Montpellier vont à leur tour passer mardi en "alerte maximale".

La zone d'alerte maximale est atteinte lorsque le taux d'incidence dépasse 250 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur les sept jours précédents, quand il dépasse 100 chez les plus de 65 ans, et si 30% des lits en réanimations sont occupés par des patients Covid-19. 

"Il pourrait y avoir des mesures supplémentaires"

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a confirmé lundi qu'il "pourrait y avoir des mesures supplémentaires", refusant toutefois d'en dire plus. "Oui, à un moment donné, il faudra prendre des mesures supplémentaires si la circulation que nous constatons ces derniers jours encore se confirme et s'accélère encore", a-t-il expliqué sur RTL, interrogé sur les villes où le virus circule très vite, comme Paris. 




"Oui, il pourrait y avoir des restrictions supplémentaires", a-t-il répété, en réponse à une question sur un éventuel nouveau tour de vis pour les commerces, les bars et les lieux publics. "Maintenant, je ne peux pas vous faire les annonces, ce n'est d'ailleurs pas mon rôle de les faire", a ajouté Gabriel Attal.

Pour le porte-parole, ce qui "guide" les décisions du gouvernement "c'est de protéger la santé des Français, de faire en sorte que l'on ne mette pas les Français dans une situation de risque comme celle que l'on a vécue avant le confinement".

Les vacances de la Toussaint pas menacées à ce stade

Dans le même temps, le secrétaire d'Etat au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne a incité lundi les Français à réserver leurs vacances de la Toussaint. Jean Castex appelle lui, à nouveau, à éviter "les contacts au maximum", notamment lors des retrouvailles en famille de la Toussaint. Mais "je ne vais pas vous dire qu'on ne peut pas voir papi et mamie ce serait ridicule", tempère le Premier ministre. 

La semaine dernière, le ministre de la Santé Olivier Véran a également appelé les Français à "faire extrêmement attention", notamment lors des regroupements familiaux. 

Par ailleurs, une nouvelle version de l'application de traçage des malades du coronavirus, "StopCovid", sera lancée le 22 octobre, après l'échec de la première mouture. L'application n'a été installée que 2,6 millions de fois depuis juin, contre 16 et 18 millions pour ses homologues britannique et allemande. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.