Couvre-feu à 18h dans le Grand Est : "un décalage que nous risquons de payer chèrement", pour le maire de Reims

Couvre-feu à 18h dans le Grand Est : "un décalage que nous risquons de payer chèrement", pour le maire de Reims
Le maire de Reims regrette une mesure trop frileuse.

publié le mercredi 30 décembre 2020 à 11h00

Jugée trop frileuse, la mesure du gouvernement d'allonger de deux heures le couvre-feu pour lutter contre la flambée de l'épidémie de Covid-19 dans le Grand Est ne convainc pas.

Pas de reconfinement mais un couvre-feu prolongé de deux heures et avancé à 18 heures.

La mesure annoncée par le ministre de la Santé Olivier Véran mardi 30 décembre sur France 2 pour lutter contre la propagation du Covid-19 a été fraichement accueillie par de nombreux élus du Grand Est notamment. Jean Rottner, président LR de la Région, qui avait réclamé un reconfinement local "au plus tôt", regrette la mise en place tardive de la mesure, prévue le 2 janvier. "Pourquoi attendre le 2 et pourquoi ne pas le faire de suite ? Et d'autre part, est-ce que ça ne risque pas de nous faire prendre un train de retard et donc de voir passer de nouveau cette épidémie et de courir derrière", s'est-il interrogé.



"Je comprends que le gouvernement est plutôt dans une position attentiste, d'essayer de voir comment évolue l'épidémie, mais j'aurais aimé que nous arrivions à anticiper, à prendre les devants, et à pouvoir profiter de cette période de vacances où l'activité est un petit peu moindre" pour mettre en place "une forme de confinement", a-t-il estimé 

Une mesure qui "ne répond pas" à la situation

Le maire de Reims Arnaud Robinet a lui aussi dit sa déception, sur Facebook  "La mesure annoncée d'un couvre feu à 18h par le ministre de la santé à partir du 2 janvier ne pas répond pas à la situation actuelle, semblable à celle d'avant le deuxième confinement et de fait sans prise en compte de Noël et du 31. Il y a un décalage que nous risquons de payer chèrement. Pourquoi ne pas anticiper face une reprise plus que probable? Pourquoi être toujours dans la réaction? Les perspectives de sortie de crise annoncées aux français ( culture, restaurants...) semblent s'éloigner".

Même observation pour le maire de Nancy Mathieu Klein, qui lui aussi réclamait un nouveau confinement. "Le couvre-feu est une mesure tardive, qui risque de s'avérer insuffisante", a-t-il déclaré sur France Bleu. Et d'ajouter : "l'heure à la décision".



Jean Leonetti, maire LR d'Antibes, dans les Alpes-Maritimes, confrontées aussi à une recrudescence de l'épidémie, a dit sur Twitter sa "déception": "on espérait une accélération de la vaccination disponible et de meilleurs contrôles aux frontières. On nous propose une avancée du couvre-feu à 18h à 'géographie variable' dont l'efficacité sanitaire n'est pas établie". "Sanitairement, cela ne sert à rien", a-t-il ajouté sur Franceinfo.



Le gouvernement s'est "en quelque sorte donné quelques jours de plus pour décider après les fêtes du 31 décembre", a abondé l'ancien ministre Hervé Morin, président Les Centristes de la région Normandie, en plaidant pour "un confinement très localisé là où on est en train de perdre le contrôle" de l'épidémie, à l'image de ce qui avait été fait en Mayenne dans l'été. Il a en outre jugé qu'un couvre-feu à 18H00 est "un système d'une complexité bureaucratique incroyable", qui va nécessiter "des dérogations en tout".

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