"Coup de poignard dans le dos", "baiser de judas"... l'alliance LREM-LR en Paca pour les régionales fait réagir

"Coup de poignard dans le dos", "baiser de judas"... l'alliance LREM-LR en Paca pour les régionales fait réagir
Le président sortant de Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier (à gauche) et le Premier ministre Jean Castex, en janvier 2021.

publié le dimanche 02 mai 2021 à 09h05

Répondant à l'appel du président sortant de la région Renaud Muselier, le Premier ministre Jean Castex a donné son accord à une candidature commune LREM-LR.

Le président sortant de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier, tête de liste aux prochaines élections régionales soutenu par Les Républicains, avait appelé cette semaine à un vaste rassemblement autour de sa candidature. "Aujourd'hui, il y a une liste LREM pilotée par un membre du gouvernement", constatait l'élu, en référence à la candidature de la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel.

"C'est à la majorité présidentielle de décider si elle souhaite maintenir cette liste ou m'apporter son soutien", a-t-il lancé ajoutant que "le bon sens", selon lui, "voudrait que la majorité présidentielle (lui) apporte son soutien".

C'est désormais chose faite : le Premier ministre Jean Castex a annoncé le 2 mai dans le Journal du Dimanche le retrait de la liste LREM dans la région et son accord pour une liste commune, menée par le président sortant. Sophie Cluzel "et des représentants de la majorité parlementaire" figureront sur la liste LR, a-t-il précisé.



Cette alliance a provoqué de vives réactions à droite. Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a ainsi fait par sur Twitter de son "immense tristesse face à ce coup de poignard dans le dos". "Je le savais, dès avant le premier tour de la présidentielle, ils préparaient leur mauvaise soupe sur le petit feu élyséen dans la mauvaise marmite En Marche", a-t-il fustigé. "Jusqu'au bout j'ai espéré leur sursaut, celui d'amis qui se perdent. Ils ont osé l'inacceptable. Ce matin je pense à la France qui mérite tellement mieux ainsi qu'à nos militants et à nos électeurs, trahis dans leurs convictions", a-t-il ajouté.


L'ancienne ministre et député européenne Nadine Morano a dénoncé de son côté "un accord politique tel le baiser de Judas". "Ce sera sans moi", ajoute-t-elle. Le vice-président délégué des Républicains, Guillaume Peltier, s'est montré plus prolixe. "Le bilan d'Emmanuel Macron, c'est le record de dette, d'impôts, d'insécurité, de bureaucratie et d'immigration. Il est hors de question de soutenir un accord avec le parti d'Emmanuel Macron. La politique, c'est le courage des convictions et la force de caractère", a-t-il souligné sur les réseaux sociaux. "Les Républicains En Marche, maintenant c'est clair et incontestable", a ironisé Thierry Mariani, candidat aux régionales en Paca, ex-LR soutenu par le Rassemblement national. 

"En Occitanie nous montrerons l'exemple. Je l'ai dit depuis le premier jour, je le tiendrai jusqu'au dernier. Aucune alliance opportuniste. Aucune courte échelle, ni aux macronistes qui ont abîmé la France ni aux énergumènes RN. Le courage est là. Être clair et ouvrir un chemin", a affirmé de son côté le secrétaire général des Républicains Aurélien Pradié. Le trésorier LR et maire du Touquet Daniel Fasquelle a estimé pour sa part sur franceinfo qu'on "risque de renforcer le Rassemblement national avec ce type d'alliance", notamment "parce qu'il y a des électeurs, notamment Républicains, qui seront mécontents de cette alliance et qui risquent de ne pas aller voter et de rester chez eux." 

Selon lui, l'annonce du retrait de la liste LREM au profit de la liste conduite par Renaud Muselier est "une manœuvre pour tenter de déstabiliser les Républicains". Daniel Fasquelle y voit en arrière-plan la main du chef de l'Etat : "Emmanuel Macron, après l'échec des municipales, va vers un échec tout aussi retentissant au moment des élections régionales et par cette manœuvre, il essaye de cacher des échecs qu'il va devoir subir partout en France. C'est un peu l'arbre qui cache la forêt, personne ne va en être dupe."


Député du Vaucluse, Julien Aubert a réclamé une "clarification" sur franceinfo. Si la fusion devait se faire, "il ne faut pas être grand devin pour comprendre que les Républicains risquent d'exploser", a-t-il mis en garde. "Moi, je ne participerai pas à cette fusion, je maintiens que nous devons être un parti d'opposition à Emmanuel Macron, je me bats contre sa politique au Parlement, ce n'est pas pour aller siéger pour un fauteuil avec sa ministre ou certains de ses députés", détaille-t-il.

Quant à Renaud Muselier et Sophie Cluzel, ils se sont réjouis de l'annonce du Premier ministre. "Je prends acte de la déclaration du Premier ministre Jean Castex et m'en félicite", a réagi Renaud Muselier sur Twitter. "La voix du rassemblement contre les extrêmes est celle de la raison et du bon sens. Avec un seul objectif, une seule obsession : notre région, d'abord, et avant tout !", a-t-il souligné. 


Sophie Cluzel s'est dit "fière d'avoir contribué à créer les conditions d'un accord avec Renaud Muselier". "Ne pas nier les différences mais au contraire les additionner. Sortir des postures, se dépasser, avec détermination ds l'apaisement c'est la volonté de nos concitoyens, c'est ma ligne de conduite", a-t-elle expliqué. "Provence-Alpes-Côte d'Azur symbolisent la lumière, l'audace créatrice, l'ouverture et le vivre ensemble. Ces valeurs sont incompatibles avec le repli, la haine de l'autre que porte le RN", a-t-elle ajouté.
 

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