Coup d'envoi du "Beauvau de la sécurité" après les polémiques sur les violences policières

Coup d'envoi du "Beauvau de la sécurité" après les polémiques sur les violences policières
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avec des policier le 12 juillet 2020 à Calais.

publié le lundi 25 janvier 2021 à 08h35

Pendant plus de quatre mois, le "Beauvau de la sécurité" doit permettre d'aborder les sujets les plus épineux, des violences policières au recrutement des fonctionnaires, en passant par leur budget et la défiance de plus en plus marquée de la population à l'encontre des forces de l'ordre.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin présente lundi 25 janvier aux syndicats de policiers le programme du "Beauvau de la sécurité" qu'il a convoqué pour remédier aux "sept péchés capitaux" qui affectent la police et la gendarmerie. En pleine polémique sur les "violences policières", Emmanuel Macron avait annoncé le 8 décembre la tenue de cette concertation afin d'"améliorer les conditions d'exercice" des forces de l'ordre et "consolider" leurs liens avec les Français.



Deux des trois principaux syndicats policiers, Alliance et Unsa-Police, qui avaient indiqué initialement boycotter cette concertation, ont finalement annoncé leur participation après que Gérald Darmanin a accepté leurs conditions, notamment sur la "réponse pénale" ou sur des mesures sociales comme la gratuité des transports pour les policiers.

Huit chantiers

Organisé jusqu'en mai sous le format "grand débat", le "Beauvau de la sécurité" réunira tous les 15 jours "des experts français et internationaux ainsi que des maires et des parlementaires", a expliqué mi-janvier le ministère de l'Intérieur.

Lors de ses séances seront abordés la formation, l'encadrement, les moyens humains et matériels, la captation de vidéos - au centre de la controverse dans la loi Sécurité globale -, la réforme de l'IGPN - accusée de manquer d'indépendance - et le lien entre forces de l'ordre et population, dégradé par la succession d'affaires de violences policières. A la demande d'Alliance, le ministre a décidé d'ajouter un "huitième chantier", celui de "la relation à l'autorité judiciaire".

Des échanges hebdomadaires, "sous la forme de grands débats avec les policiers et les gendarmes, qui pourront remplir des cahiers de doléances, ainsi que des débats citoyens (jeunesse, maires, agriculteurs, etc.)", sont également prévus. Le ministre de l'Intérieur va par ailleurs multiplier les déplacements sur le terrain, dans les commissariats ou encore dans les écoles de police, afin de renforcer le lien entre la police et la population. 

Des débats, mais surtout des actes attendus

"J'attends aussi que le débat ne soit pas interminable pour qu'on arrive finalement à l'été à nous dire qu'on ne réforme pas parce qu'on rentre dans un calendrier électoral", prévient sur franceinfo David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale. "J'attends des débats mais aussi des décisions et de l'action", insiste-t-il. "Ca fait longtemps qu'on réfléchit sur le sort de la police nationale, il y a eu le livre blanc de la sécurité intérieure. Il y a un moment où il faudra passer de la réflexion et du débat à l'action et à la décision", poursuit-il. 

Les policiers également un revirement de la part de l'exécutif, après ce qu'ils qualifient de provocation de la part d'Emmanuel Macron, qui avait utilisé en décembre dernier lors de son interview à Brut le terme "violences policières". 

Les conclusions de ces échanges doivent servir de base à la future loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi) prévue en 2022.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.