Coronavirus : "Tester 60 millions de Français tous les jours est impossible", insiste Olivier Véran

Coronavirus : "Tester 60 millions de Français tous les jours est impossible", insiste Olivier Véran
Le ministre de la Santé Olivier Véran, le 19 avril 2020 à Matignon.

, publié le samedi 25 avril 2020 à 13h31

En déplacement en Seine-Saint-Denis, le ministre de la Santé a souligné samedi que le nombre de tests réalisés chaque jour pour dépister le coronavirus avait considérablement évolué depuis le début de la crise et qu'il atteindrait les 500.000 par semaines d'ici au 11 mai. "Tester 60 millions de Français tous les jours est impossible", a-t-il néanmoins prévenu.

En déplacement en Seine-Saint-Denis, le ministre de la Santé Olivier Véran a rappelé samedi 25 avril l'objectif du gouvernement "de réaliser entre 500.000 et 700.000 tests par semaine au moment de la levée du confinement", le 11 mai, contre 300.000 actuellement. 




D'après lui, la France a déjà considérablement augmenté ses capacités de test.

"Rien qu'hier en Île-de-France, 20.000 tests ont été réalisés", a-t-il affirmé. "Ce que l'Île-de-France réalise en une journée correspond à la capacité du pays entier il y a peu", a-t-il insisté. 

"Tester 60 millions de Français tous les jours, c'est impossible", a toutefois précisé Olivier Véran. "Admettons qu'on considère que toute personne est potentiellement malade", a-t-il concédé, soulignant qu'il faudra alors tester tout le monde. "Qu'est-ce qu'on fait demain? On va faire tester 60 millions de Français tous les jours ? Non seulement c'est impossible, mais aucun pays au monde ne le fait", a-t-il martelé. 



"Un dépistage tous azimuts de tout le monde dans une entreprise un matin (...) ça n'a pas de sens au niveau médical et scientifique", a-t-il insisté, alors que certaines sociétés comme Veolia ont annoncé leur intention de soumettre leurs salariés à des tests de dépistage au moment de leur reprise d'activité, après le déconfinement annoncé pour le 11 mai. Olivier Véran a par ailleurs souligné que ces tests constituaient "un examen médical qui ne peut pas être imposé" par l'employeur mais qui doivent se faire sur "prescription médicale".

Le ministre s'exprimait en marge d'une visite à la Maison de la solidarité à Saint-Denis, cruciale pour la distribution d'aide alimentaire, où l'accompagnait la secrétaire d'Etat aux Solidarités Christelle Dubos. Auparavant il s'était rendu dans un laboratoire de tests qui a adapté son activité à l'épidémie de coronavirus de cette commune populaire. Il s'agissait de son premier déplacement depuis un mois.

La "priorité nationale" sera alors de tester tous les cas suspects (les personnes présentant des symptômes du Covid-19) et les personnes ayant été en contact rapproché avec des cas confirmés de coronavirus, a-t-il rappelé. "Si après on voit qu'on n'est pas saturé en capacité de tests et qu'on peut élargir les critères, on le fera progressivement", a-t-il affirmé.

En attendant, pour "limiter au maximum" la circulation du virus du fait de personnes asymptomatiques, le gouvernement s'appuie sur la prolongation des mesures de "distanciation sociale" (interdiction des rassemblements, etc.) et la réalisation de tests aléatoires à des fins de surveillance épidémiologique.

Plusieurs modèles de tests sérologiques, sont par ailleurs "en cours de calibrage et de validation par les autorités sanitaire", a-t-il aussi rappelé, espérant en avoir validé quelques-uns "la semaine prochaine". Ces tests sanguins permettent de savoir si une personne a été infectée par le virus, qu'elle ait présenté des symptômes ou non, et le niveau d'anticorps développé offrant une potentielle immunité.


 

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