Coronavirus : plan de relance, masques à l'école, reprise de l'épidémie... les principales annonces de Jean Castex

Coronavirus : plan de relance, masques à l'école, reprise de l'épidémie... les principales annonces de Jean Castex
Jean Castex au CHU de Montpellier, le 11 août 2020

, publié le mercredi 26 août 2020 à 10h00

Le Premier ministre a dévoilé ce mercredi sur France Inter la date de présentation officielle du plan de relance économique du gouvernement. Fixée au 3 septembre, cette enveloppe de 100 milliards d'euros doit "prioriser l'emploi", a expliqué Jean Castex.

Si le chef du gouvernement s'est voulu rassurant concernant l'évolution de l'épidémie en France, il a rappelé toutefois que l'Etat ne "baissera pas la garde" face au virus, évoquant un traitement "au cas par cas" selon les situations, n'excluant pas des reconfinements localisés.


Plan de relance annoncé le 3 septembre

"Gouverner, c'est savoir s'adapter aux circonstances", a expliqué le chef du gouvernement, minimisant le report "d'une semaine" de la présentation du plan de 100 milliards d'euros pour relancer la croissance après la crise économique provoquée par l'épidémie du coronavirus.  "J'en profite pour vous dire qu'il sera officiellement annoncé le jeudi 3 septembre", a-t-il ajouté, assurant qu'il était "bouclé" et que la revalorisation de l'allocation de rentrée scolaire de 100 euros s'est faite "en anticipation" de cette présentation.

"Le pire de tout c'est que l'on s'enfonce parce que l'on ne reprend pas l'activité dans une crise économique et sociale qui serait -les Français le sentent bien- beaucoup plus dangereuse que la crise sanitaire", a souligné Jean Castex. 

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a confirmé lundi la prévision du gouvernement d'une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 11% cette année, alors que l'Insee table sur -9%.

"Réhabiliter l'emploi"

Pour Jean Castex, la "priorité numéro 1 de ce plan" de 100 milliards d'euros, qui sera "financé à 40% par l'Union européenne", est de "réhabiliter l'emploi".

Une reprise qui pourra se faire "en télétravail", précise le ministre, qui salue la démocratisation d'une pratiques qui avait "mauvaise presse" auparavant. 

Jean Castex a assuré par ailleurs qu'avec ce plan de relance, il n'y aura pas de "hausse d'impôts". "Un des outils de lutte contre la crise est la stabilité des règles du jeu", a-t-il affirmé. 

Deux milliards d'euros pour la culture

Le secteur de la culture bénéficiera d'une "dotation exceptionnelle" de deux milliards d'euros dans le plan de relance de 100 milliards qui sera annoncé le 3 septembre, a annoncé Jean Castex.

"Il faut y aller au théâtre, au cinéma, il faut soutenir le secteur culturel", a-t-il encouragé, annonçant également des compensations pour combler les recettes perdues du fait des contraintes sanitaires.

Le chef du gouvernement doit rencontrer les représentants du spectacle vivant avec la ministre de la Culture Roselyne Bachelot "jeudi après-midi".

Jauge à 5.000 personnes : plus de dérogations possible en zone rouge

Après la rentrée polémique du Puy du Fou, qui avait accueilli plus de 5.000 visiteurs, "il ne sera plus possible à l'autorité préfectorale de déroger" à la jauge maximale de 5.000 personnes "dans les départements rouges, c'est-à-dire où il y a une forte circulation virale", a expliqué Jean Castex.

Le chef du gouvernement a également évoqué le fait que le préfet pourrait encore abaisser cette jauge et même "interdire" des spectateurs dans les stades ou lieux de spectacle.

Appel aux Français à "l'esprit de responsabilité" face à l'épidémie

"Je n'ai jamais cru que l'État pouvait tout faire, il a sa part de responsabilité (...) mais il faut que tout le monde se sente concerné par la lutte contre l'épidémie", a insisté le Premier ministre, tout en concédant que le port du masque pouvait parfois être "pénible".

Interrogé sur le refus de généraliser sa gratuité pour les élèves, il a fait valoir qu'"aucun pays au monde" n'avait pris une telle mesure, en rappelant que les personnes fragiles, pour des raisons médicales ou financières, bénéficiaient déjà de la gratuité.

"On (ne) va (pas) payer des masques à des familles qui n'en ont absolument pas besoin", a-t-il encore martelé, alors qu'il devient obligatoire pour les collégiens et lycéens à partir de la rentrée mardi prochain.

Jean Castex a assuré qu'il n'y avait "pas de quoi s'affoler, on n'est pas revenu à la situation (...) du mois d'avril ou du mois de mai", "mais malgré tout, il y avait encore il y a quelques semaines 1.000 cas par jour qui étaient diagnostiqués, on est (aujourd'hui) autour de 3.000". "Vous voyez bien quand même qu'il y a quelque chose qui se passe", a-t-il ajouté, en précisant que les admissions en réanimation "progressent, mais extrêmement légèrement".

Le reconfinement : "pas un objectif"

"Aucun élément en ma connaissance ne me permet d'affirmer que la Covid-19 a baissé en virulence", a en outre assuré Jean Castex, concédant que l'application de traçage de contacts StopCovid "n'a pas obtenu les résultats" espérés.

Une évolution défavorable de la situation pourrait-elle conduire à confiner à nouveau ? "Nous avons envisagé toutes les hypothèses", mais "ça n'est pas un objectif", a répondu le Premier ministre, en rappelant les conséquences notamment "économiques" du confinement du printemps. Il a indiqué qu'un confinement dans les Ehpad était possible au cas par cas. "La grande force que nous avons aujourd'hui est que nous avons des outils territorialisés et que l'on fait confiance aux acteurs de terrain", a-t-il précisé. 

Le Premier ministre a illustré son propos avec la ville de Marseille, qui sera dès ce mercredi soir soumise à des règles plus strictes face au virus. "On va suivre la situation au jour le jour", a-t-il assuré. "Ca peut être durci ou allégé".

550 postes créés pour la justice en 2021

Dès ma prise de fonction (début juillet), c'était autant symbolique qu'effectif, j'ai demandé au ministre chargé des Comptes publics, Olivier Dussopt, de créer 250 emplois en plus en cours d'année 2020" dans le domaine de la justice, a-t-il expliqué, précisant qu'il s'agissait de postes de greffiers et de magistrats.

"Dans la loi de finances 2021, qui sera soumise au parlement (cet automne), nous allons créer 550 emplois en plus", a assuré Jean Castex, soulignant que le budget du ministère de la Justice serait augmenté.

"On a eu honnêtement des mois de juillet-août pas satisfaisants, qui ne me plaisent pas du tout", a reconnu le Premier ministre, en allusion notamment aux incidents qui se sont produits dimanche à Paris avec des supporters du PSG ou les agressions dont été victimes des maires cet été. 

Des "actes" qu'il a qualifié "d'inacceptables" et qu'il a condamnés "très fermement". Mais "il est inexact de dire (...) qu'il ne se passe rien derrière (...). Il y a des poursuites qui sont engagées et des sanctions qui sont prononcées", a déclaré M. Castex.

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