Coronavirus : "nous ne surmonterons pas cette crise sans une solidarité européenne forte", estime Macron

Coronavirus : "nous ne surmonterons pas cette crise sans une solidarité européenne forte", estime Macron
Emmanuel Macron à Mulhouse, le 25 mars 2020.

, publié le samedi 28 mars 2020 à 10h40

Le président fait appelle à la solidarité "sanitaire et budgétaire" de l'Union européenne pour surmonter "ensemble" cette "crise vitale". 

"Est-ce que l'UE, la zone euro se résument à une institution monétaire et un ensemble de règles, très assouplies, qui permettent à chaque Etat d'agir de son côté ? Ou agit-on ensemble pour financer nos dépenses, nos besoins dans cette crise vitale ?", questionne Emmanuel Macron. "Nous ne surmonterons pas cette crise sans une solidarité européenne forte, au niveau sanitaire et budgétaire", a répondu le chef de l'Etat. 

Face aux "réticences" de Berlin, le président français en appelle à la solidarité budgétaire européenne, dans un entretien donné vendredi soir aux journaux italiens le Corriere de la Serra, La Stampa et La RepubblicaNeuf pays européens, dont la France et l'Italie, ontappelé mercredi à lancer des "emprunts Corona", un emprunt commun à toute l'Union européenne permettant de faire face à l'épidémie, mettant la pression sur l'Allemagne, opposée à toute mutualisation des dettes.



"Il peut s'agir d'une capacité d'endettement commune, quel que soit son nom, ou bien d'une augmentation du budget de l'UE pour permettre un vrai soutien aux pays les plus touchés par cette crise", a détaillé Emmanuel Macron. "Le montant est secondaire, c'est ce signal qui compte, à travers l'endettement commun ou le budget commun", a-t-il ajouté. Face aux "réticences" de pays comme l'Allemagne, "on ne peut pas lâcher ce combat", a insisté le président de la République.

De son côté, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a de nouveau appelé samedi l'Union européenne "à ne pas commettre des choix tragiques" face au coronavirus, sinon "l'édifice européen tout entier risque de perdre, aux yeux de nos propres citoyens, sa raison d'être", dans un entretien au quotidien Il Sole 24 Ore.

"L'inertie laisserait à nos enfants le fardeau immense d'une économie dévastée", estime le Premier ministre dans les colonnes du quotidien de référence des milieux économiques et financiers. "Nous voulons être à la hauteur de ce défi? Alors lançons un grand plan, un 'European Recovery and Reinvestment Plan' (en anglais, ndlr), qui soutienne et relance l'économie européenne toute entière".

Lors du Conseil européen de jeudi, "plus qu'un désaccord, il y a eu une confrontation dure et franche" avec la chancelière allemande Angela Merkel, "parce que nous sommes en train de vivre une crise qui fait un grand nombre de victimes chez nos concitoyens et cause une récession économique sévère". "Je représente un pays qui souffre beaucoup et je ne peux pas me permettre de tergiverser", a-t-il observé, alors que l'Italie a enregistré plus de 9.000 morts depuis l'arrivée de la pandémie dans la péninsule. "En Italie, mais aussi dans d'autres Etats membres, nous sommes contraints de faire des choix tragiques".

Lors du Conseil européen, "à mes collègues qui raisonnaient en terme de MES (Mécanisme européen de Stabilité, ndlr), j'ai répondu qu'il n'y avait pas besoin de s'épuiser, parce que ce n'est pas ce dont nous avons besoin maintenant", raconte-t-il. "Le MES est un instrument mis au point pour porter secours aux Etats membres affrontant des tensions financières liés à des chocs asymétriques. Le coronavirus au contraire est en train de causer un choc symétrique, avec pour effet de plonger dans la dépression, de manière synchrone et totalement inattendue, nos systèmes économiques et sociaux." Giuseppe Conte y voit "quelque chose de complètement différent par rapport à la crise de 2008. Nous nous trouvons à un moment critique de l'histoire européenne". 

 

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