Coronavirus : "Nous aurons des "leçons à retenir", estime Edouard Philippe

Coronavirus : "Nous aurons des "leçons à retenir", estime Edouard Philippe
Edouard Philippe, à l'Assemblée nationale, en avril 2020

, publié le mardi 05 mai 2020 à 18h14

Le Premier ministre a défendu l'action du gouvernement à l'Assemblée nationale, lors d'une séance où il a été attaqué sur la comparaison de la gestion de crise française par rapport aux voisins européens.

"Préparer le déconfinement est encore plus difficile que de décider le confinement". A six jours de l'allègement des restrictions dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 en France, Edouard Philippe a dit attendre "avec sérénité" la comparaison de sa gestion de l'épidémie de coronavirus avec celle des autres pays européens, soulignant que "tout le monde sait bien que nous vivons quelque chose de redoutablement complexe".

"A un moment nous pourrons regarder dans le détail avec la sagesse du regard rétrospectif", "j'attends ce jour avec sérénité", a déclaré mardi 5 mai le Premier ministre lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée.  "Je le dis avec tranquillité, avec humilité: on peut toujours aller chercher l'exemple qui fonctionne le mieux.

On verra à la fin".

Le Premier ministre répondait au patron des députés Les Républicains Christian Jacob qui l'interpellait sur "les mauvais résultats" de la France et les "enseignements" qu'il pouvait en tirer. "Nous pleurons trois fois plus de morts que l'Allemagne (environ 25.000 contre 7.000 ndlr) pour un nombre de malades similaires", avait déploré le chef de file LR, ajoutant que "notre PIB chute beaucoup plus vite et plus fort que la plupart de nos voisins". "Et lorsqu'on demande aux peuples d'Europe s'ils sont satisfaits de l'action de leurs dirigeants, le jugement est cruel: Merkel (en Allemagne, ndlr), Conte (Italie), Kurz (Autriche), Johnson (Royaume-Uni)... Tous font mieux", a-t-il encore asséné.


Le Premier ministre a déploré le ton accablant de son interlocuteur, qui selon lui n'a pas précisé que "la comparaison avec les autres pays n'est pas sur tous les points au désavantage" de la France.  "J'observe que le système italien qui a souvent été décrié, à tort (...), s'est retrouvé dans une situation où il a dû effectuer le terrible tri des malades s'agissant de l'entrée en réanimation, ce qui n'a pas été le cas en France". "Je ne cherche pas à dénigrer nos amis, tout le monde est dans une situation difficile. Tout le monde a peur et tout le monde sait bien que nous vivons quelque chose de redoutablement complexe", a t-il insisté.

Répondant un peu plus tard au Premier secrétaire du PS Olivier Faure, M. Philippe a également défendu le "cadre social assez unique" déployé par la France pour répondre à la crise, selon lui "infiniment plus efficace et généreux que ce qui a été mis en place au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie, en Allemagne, aux Etats-Unis ou partout ailleurs". "Reconnaissons d'abord que notre pays (...) a su répondre à l'urgence sociale", a-t-il exhorté, citant les dispositifs d'aides, de chômage partiel etc.  "Je ne dis pas que c'est parfait mais qu'aucun pays n'en a probablement fait autant. Je dis qu'on peut en être fier, nous devrions le défendre, l'expliquer, plutôt que de pointer (...) seulement les manques", a-t-il encore plaidé.


 

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