Coronavirus : LFI pointe un "fiasco du pouvoir macroniste"

Coronavirus : LFI pointe un "fiasco du pouvoir macroniste"
Jean-Luc Mélenchon et des députés insoumis à l'Assemblée, le 15 octobre 2019.

, publié le jeudi 21 mai 2020 à 14h00

"La boîte à outils néolibérale a créé les conditions du chaos", entre "un service public de santé à bout de souffle", un "Etat social démantelé", ou encore "une perte de souveraineté industrielle organisée", affirment les parlementaires insoumis. 

"Gestion par la pénurie", "Etat aux abonnés absents"... Les conclusions de la contre-commission d'enquête des parlementaires de La France insoumise, diffusées mercredi, sont sans appel pour l'exécutif. Les élus dénoncent un "fiasco du pouvoir macroniste" face à la crise du coronavirus. 



"C'est maintenant que nous devons analyser les erreurs qui ont été faites pour ne plus jamais les reproduire", a expliqué mercredi sur France Info TV Mathilde Panot, la vice-présidente du groupe LFI à l'Assemblée. "On se retrouve avec ce fiasco qui malheureusement a coûté des contaminations et a sûrement coûté des vies aussi", a-t-elle poursuivi, expliquant avoir "honte d'être dans le 6e pays le plus riche au monde qui a vu des soignants devoir s'habiller de sacs poubelles".

Les députés et parlementaires européens de La France insoumise avaient lancé fin mars leur "comité de suivi" de la crise, pour analyser les "dysfonctionnements" français, une instance baptisée "commission d'enquête" même si elle n'en a pas les attributions. Les élus ont mené une centaine d'auditions de chercheurs, syndicats, associations et rendu un rapport de plus de 150 pages sous forme de réquisitoire, rapport qui dessine également "ce qu'aurait pu faire un gouvernement populaire depuis janvier pour chaque secteur à la place du tâtonnement hasardeux constaté à chaque étape", affirme leur chef de file Jean-Luc Mélenchon.


"Comment en est-on arrivés là ? La boîte à outils néolibérale a créé les conditions du chaos", entre "un service public de santé à bout de souffle", un "Etat social démantelé", ou encore "une perte de souveraineté industrielle organisée", développent-ils. Cela a conduit, selon eux, à une "non-gestion de la pandémie", avec "des services de santé débordés", "une gestion par la pénurie" notamment en masques, tests et médicaments, et un "Etat aux abonnés absents". Ils estiment que "des travailleurs et des secteurs (ont été) sacrifiés sur l'autel de la continuité économique". "L'Union européenne n'a pas été à la hauteur de la crise", étant dans un premier temps "incapable d'une quelconque coordination des réponses nationales pour organiser la solidarité opérationnelle nécessaire", jugent encore les parlementaires.

Ils ont déposé un total de onze propositions de loi pour nationaliser certaines entreprises, créer un pôle public du médicament, ou encadrer les prix alimentaires, et ont dressé leur propre plan de déconfinement face aux "failles" de celui du gouvernement et à sa "pente liberticide et autoritaire". Les Insoumis proposent enfin de "planifier la sortie de crise": "Garantir la souveraineté et la démocratie sanitaires", organiser "une relance socialement et écologiquement juste" ou encore à l'international "rompre avec le libre-échange".

Deux commissions d'enquête parlementaires pluralistes sur la gestion de la crise du coronavirus, au Sénat à majorité de droite et à l'Assemblée, devraient voir le jour en juin. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.