Coronavirus : "Les 15 premiers jours d'avril seront encore plus difficiles", avertit Edouard Philippe

Coronavirus : "Les 15 premiers jours d'avril seront encore plus difficiles", avertit Edouard Philippe
Le Premier ministre Edouard Philippe, le 28 mars 2020.

, publié le samedi 28 mars 2020 à 18h25

Le Premier ministre a expliqué samedi 28 mars que le combat contre l'épidémie de coronavirus "ne faisait que commencer" et prévenu qu'il faudrait "fournir un effort intense qui va s'inscrire dans la durée".  Il a précisé que "des conclusions seront tirées" des chiffres en fin de semaine prochaine pour une éventuelle prolongation du confinement.

Afin de répondre en "toute transparence" aux questions des Français, le Premier ministre Edouard Philippe a tenu samedi 28 mars une conférence de presse en compagnie du ministre de la Santé Olivier Véran. Un exercice pédagogique qui sera amené à être répété régulièrement, a-t-il précisé.

En introduction, le chef du gouvernement a rappelé que le monde entier faisait face à "une crise sanitaire sans précédent depuis un siècle".

"Tous les continents affrontent progressivement l'épidémie", a-t-il affirmé, rappelant que la moitié de l'humanité était confinée, "du jamais vu".




"Je veux vous dire les choses avec clarté et franchise : le combat ne fait que commencer, les 15 premiers jours d'avril seront encore plus difficiles que les 15 jours qui viennent de s'écouler", a-t-il martelé, assurant qu'il faudrait "fournir un effort intense qui va s'inscrire dans la durée". La veille, Edouard Philippe a annoncé le prolongement des mesures de confinement, mises en place le 17 mars, au moins jusqu'au 15 avril. 

Le Premier ministre s'est félicité d'"un effort collectif", "d'abord celui des soignants, admirables, courageux, engagés", "mais aussi l'effort remarquable de ceux qui, en deuxième ligne, assurent la continuité de la vie de la nation", comme les forces de l'ordre, les pompiers ou encore les employés de la grande distribution.

Progression rapide

Cartes et courbes de l'épidémie à l'appui, Edouard Philippe a rappelé les deux grands axes de la stratégie du gouvernement: "augmenter notre capacité d'accueil dans les services de réanimation" et "aplatir la courbe" de propagation du virus et de cas graves avec le confinement à domicile. "La progression est rapide. Nous doublons le nombre de cas positifs tous les trois à quatre jours", a-t-il précisé, assurant que cette progression était cohérente par rapport à la situation observée en Italie. Le dernier bilan officiel, vendredi, faisait état de près de 2.000 décès en France dus au coronavirus, dont près de 300 survenus en 24 heures. 

La moitié des personnes hospitalisées en réanimation ont moins de 58 ans, a de son côté indiqué durant ce point presse l'infectiologue Karine Lacombe. La spécialiste a expliqué que le virus était "dangereux pour trois raisons : il est très contagieux, chaque personne peut infecter deux ou trois autres personnes, c'est beaucoup plus que la grippe. C'est un virus qui est contagieux avant d'être symptomatique, donc c'est difficile d'isoler les personnes infectées. Et on ne connait pas le taux de mortalité, car on ne connaît pas le nombre de gens qui n'ont pas de symptômes." "Il y a beaucoup de choses qu'on ne sait pas, ce qui nous amène à beaucoup d'humilité", a-t-elle conclu.

Philippe répond aux critiques

Edouard Philippe a également assuré qu'il n'y avait pas eu "de retard sur la prise de décision s'agissant du confinement" pour endiguer la circulation du virus, répondant aux critiques notamment sur le maintien du premier tour des municipales. "Au moment où nous avons pris cette décision de confinement, il y avait moins de 8.000 cas sur le territoire national et moins de 200 morts. Chacun pourra apprécier les moments où les gouvernements ont pris cette décision mais je ne laisserai personne dire qu'il y a eu du retard sur la prise de décision s'agissant du confinement", a-t-il assuré. 

Les autorités espèrent pouvoir voir "les premiers impacts" des mesures de confinement sur l'épidémie de Covid-19 "en fin de semaine prochaine", a indiqué ce samedi le Dr Arnaud Fontanet, épidémiologiste de l'Institut Pasteur, membre du Conseil scientifique installé par le gouvernement. Si le confinement est respecté à la lettre, l'épidémie resterait localisée dans un gros quart nord-est du pays, incluant l'Île-de-France.

Edouard Philippe a précisé que "des conclusions seront tirées" des chiffres en fin de semaine prochaine pour une éventuelle prolongation du confinement.

 

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