Coronavirus : Laurent Berger prône un "impôt exceptionnel" pour sortir de la crise

Coronavirus : Laurent Berger prône un "impôt exceptionnel" pour sortir de la crise
Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, le 10 janvier 2020.

, publié le mardi 21 avril 2020 à 13h35

"Il faut redistribuer les richesses", estime le secrétaire général de la CFDT. 

Pour sortir de la crise provoquée par l'épidémie de coronavirus, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger suggère "plusieurs pistes pour dégager des marges de manœuvre" dans un entretien publié mardi 21 avril par Ouest-France. "Je pense, notamment, à la création d'un impôt exceptionnel sur des entreprises liées à des secteurs qui n'ont pas été impactés par la crise, voire qui ont réalisé des bénéfices", explique le syndicaliste. 

"Nous pouvons aussi orienter l'épargne beaucoup plus largement vers l'investissement socialement responsable.

Ou encore soumettre le capital au barème de l'impôt sur le revenu. Il faut redistribuer les richesses", assure Laurent Berger pour qui "notre boussole ne sera pas la dette. Ou alors nous irons vers des lendemains très noirs".




"Cette crise met une fin relative au sentiment d'impuissance politique", analyse encore le responsable de la CFDT. "Nous nous apercevons de la nécessité d'un État providence. (...) De l'importance des services publics qui ne doivent pas être considérés comme un coût mais comme des services. Il va falloir renforcer la protection sociale", explique-t-il.

"Arrêtons avec l'impôt vu comme punitif. Réhabilitons le consentement à l'impôt, pour financer des services publics", poursuit-il. "Les écarts de revenus, que nous connaissons aujourd'hui, ne sont plus acceptables. Tout le monde a compris qu'une entreprise, ce n'était pas seulement un capital et un dirigeant. Mais aussi des travailleurs et du dialogue", indique Laurent Berger. 

Selon lui, si l'on veut faire de cette crise "une opportunité", "nous devons absolument sortir de nos pré-carrés, de nos vérités toutes faites". "N'oublions pas que l'on crève de nos inégalités sociales. Comme on crève de puiser de façon inconsidérée sur les réserves de la planète", relève le syndicaliste. "Nous plongeons dans quelque chose que nous ne connaissons pas. Avec tous les risques que ça suppose pour la démocratie. La classe politique va être déterminante. Elle sera ou non à la hauteur", conclut-il.
 

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