Coronavirus : "La guerre n'est pas terminée", prévient Olivier Véran

Coronavirus : "La guerre n'est pas terminée", prévient Olivier Véran
Olivier Véran, le 21 juillet 2020, à Paris

, publié le mercredi 29 juillet 2020 à 11h22

Face au Covid-19, le ministre de la Santé a lancé un avertissement face à des situations où "des gens ne font pas gaffe".

"C'est quand on se sent invulnérable qu'on prend le plus de risques". Invité de LCI mercredi 29 juillet, Olivier Véran a mis en garde contre le "relâchement" constaté à certains endroits du territoire. La France "n'est pas dans une deuxième vague du coronavirus", mais "il ne faut pas lâcher" les efforts si on veut l'éviter, a assuré le ministre de la Santé.

"Nous voulons pouvoir protéger les plus vulnérables, casser les chaines de contamination et expliquer aux Français que la guerre n'est pas terminée".

"On est dans la poursuite d'une épidémie à plus ou moins bas bruit selon les pays et les villes concernées", a expliqué Olivier Véran, qui a évoqué des situations, notamment filmées sur une plage à Saint-Tropez, où "des gens ne respectent pas les règles". "Les gens ne font pas gaffe, c'est comme s'ils étaient dans une espèce de bulle hors du temps. C'est quand on se sent invulnérable qu'on prend le plus de risques", a t-il commenté, justifiant les décisions de ne pas rouvrir les discothèques. "Je ne regrette absolument pas la fermeté dont j'ai fait preuve depuis plusieurs mois dans notre pays", poursuit-il.


Réagissant à l'explosion de cas à Quiberon (Morbihan), Olivier Véran a souligné qu'on était "au stade du diagnostic" et que "s'il est nécessaire de prendre d'autres mesures, on les prendra". "Nous ne voulons pas arriver à un reconfinement", a t-il souligné. "Des clusters émergent, on a quelques signaux d'alerte en provenance de certains hôpitaux avec une tendance à l'augmentation du nombre d'admissions, et nous testons beaucoup plus", a précisé Olivier Véran, notant "une augmentation de la proportion de tests positifs". "Nous testons beaucoup plus", mais "ça n'explique pas tout". "Faisons un peu plus gaffe".

"Nous enregistrons un certain nombre de diagnostics chez des patients plus jeunes", a-t-il précisé. "L'épidémie de Covid-19 a fait quatorze nouveaux morts en 24 heures dans les hôpitaux et les établissements médico-sociaux en France, où la circulation du virus reste "soutenue", avait annoncé mardi la Direction générale de la Santé (DGS). Mais le nombre de patients en réanimation continue de baisser. "C'est par notre comportement collectif et par l'action déterminée des pouvoirs publics que nous éviterons cette deuxième vague. C'est un peu la parabole du rocher de Sisyphe : on pensait avoir fini et le virus revient. Il nous faut un vaccin", a résumé le ministre.

"Augmenter la cadence" des tests

"Les Français ont vécu des mois extrêmement difficiles, ils ont besoin de prendre du repos, du recul", mais "il ne faut pas lâcher maintenant" les gestes de prévention contre le coronavirus, a prévenu le ministre, qui participe mercredi au dernier conseil des ministres avant la trêve estivale. "Le travail qui a été fait par les Français qui a permis de sauver tant de vies, doit se poursuivre cet été, même quand on en a marre, même quand on est avec ses amis, sa famille", a souligné le ministre, rappelant qu'il faut porter le masque, "réduire les contacts sociaux, augmenter les distances avec les gens, se laver les mains".

Malgré la généralisation des tests souhaitée par l'exécutif, des difficultés ont été constatées dans certaines zones. "On est au coeur de l'été. Des équipes dans les labos qui sont fatiguées, avec du personnel qui part en vacances, à l'instar des Français. J'ai insisté avec les laboratoires pour leur dire que la permanence des soins doit se poursuivre au coeur de l'été et qu'il fallait "augmenter la cadence". Je signe arrêté sur arrêté pour permettre au laboratoires de recruter du personnel pour pouvoir tester".
 

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