Coronavirus : l'union sacrée - ou presque - autour de l'exécutif

Coronavirus : l'union sacrée - ou presque - autour de l'exécutif
Marine Le Pen le 19 février à l'Assemblée nationale.

, publié le jeudi 27 février 2020 à 15h40

Le Premier ministre Édouard Philippe recevait les dirigeants des principaux partis d'opposition, jeudi à Matignon, pour évoquer la mobilisation face à l'épidémie. À la sortie de la rencontre, tous ont évoqué leur solidarité avec le gouvernement, à l'exception de Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (RN) prônant une nouvelle fois la fermeture des frontières. 

"Pas question d'utiliser ce risque-là pour faire de la politique politicienne, on a besoin d'unité nationale", a exhorté Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs Les Républicains (LR) devant la presse, à la sortie de la réunion avec le Premier ministre.

Le patron des députés LR Damien Abad appelle également à ce que "tout le monde soit mobilisé".



Pour Bruno Retailleau, "le gouvernement fait le travail". Il a expliqué qu'Édouard Philippe avait fait part aux présidents de groupes parlementaires, de partis et d'assemblées présents de sa "disposition d'esprit d'agir en toute transparence".

• Pour Mélenchon, "pas la peine d'en rajouter" 

De son côté, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon estime que l'organisation de cette réunion démontre que "le pays va affronter un péril". Il a souligné, après la rencontre, qu''"il fallait donc dire (au Premier ministre) que dans cette hypothèse on ne manquerait pas de la solidarité qui s'impose". Jean-Luc Mélenchon plaide pour "avoir du sang-froid": "pas la peine d'en rajouter et de paniquer". "On ne fera pas de ce sujet une polémique et de la politique politicienne", abonde le secrétaire national du PCF Fabien Roussel.

"Dans un moment de crise, une surenchère est absolument contreproductive, ça peut conduire à la psychose, à la panique", avertit de son côté Olivier Faure. Le numéro 1 du PS fustige ceux qui "voudront rétablir des frontières" et appelle à "veiller à rester dans un débat serein" pour "permettre de servir l'intérêt général et non pas la cause de tel ou tel".

• Des "choix incohérents" du gouvernement, selon Le Pen

Des critiques qui visent la présidente du RN. Marine Le Pen a de nouveau exprimé ses "divergences" sur les "choix" du gouvernement, jugés "incohérents". "On ne comprend pas pourquoi les enfants qui reviennent d'Italie, on leur demande de faire une sorte d''auto-quarantaine' et que dans le même temps on laisse 3.000 Italiens venir à un match de football à Lyon", juge Marine Le Pen, qui "conteste" que la France ne ferme pas ses frontières. 

Lors de la réunion, "toute une série d'engagements ont été pris en prévision d'une aggravation de l'épidémie. On en prend acte", mais "j'aurais préféré que le centre interministériel de crise soit mis en œuvre", a-t-elle ajouté.

• Les propositions de l'opposition 

"Transparence, oui. Anticipation, moyen", a pour sa part jugé le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, "rassuré sur la prise de conscience du gouvernement", qui est "en alerte, réellement", mais qui selon lui "n'anticipe pas assez une éventuelle propagation". 




Parmi les propositions mises sur la table par l'opposition, des moyens pour ouvrir des lits dans les hôpitaux, des réunions de coordination autour des préfets de chaque département ou des consignes claires à destination des salariés. La question de l'approvisionnement de la France en médicaments, dont une large part est délocalisée, notamment en Chine, a également été soulevée.

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