Coronavirus : Jean-Luc Mélenchon s'en prend au "rôle héroïque" d'Emmanuel Macron

Coronavirus : Jean-Luc Mélenchon s'en prend au "rôle héroïque" d'Emmanuel Macron
Jean-Luc Mélenchon, en 2019 (illustration)

, publié le lundi 30 mars 2020 à 16h13

Le leader de la France insoumise a critiqué le vocabulaire guerrier du chef de l'Etat face à la crise du Covid-19, affirmant par ailleurs sa volonté de poser "dès maintenant" la question de la fin du confinement.

Alors que la France entre dans sa troisième semaine de confinement face à l'épidémie de Covid-19, Jean-Luc Mélenchon a écorché Emmanuel Macron et son lexique guerrier, le jugeant "absurde". "Il est destiné à suggérer un rôle héroïque du chef de l'Etat. Il a aussi pour fonction d'obliger au 'silence dans les rangs'", estime le chef de file de La France insoumise, dans les colonnes de L'Obs.

"Cette volonté d'empêcher toute discussion va continuer et même se durcir, car les gouvernants ont peur que leur responsabilité pénale soit mise en cause. Je redoute l'évolution de ce régime qui a déjà manifesté de si lourdes tendances autoritaires", ajoute-t-il.


S'il considère ce "confinement forcé" comme "nécessaire", Jean-Luc Mélenchon souhaite ainsi poser "dès maintenant" la question du déconfinement. "Ca ne doit pas nous faire oublier que c'est la prison volontaire", insiste t-il, notant que "65 millions de gens se sont mis en prison eux-mêmes et se surveillent". "On vient de reporter le confinement de quinze jours, mais personne n'a évalué ce qui nous permettrait de le lever. La question du déconfinement devrait se poser dès maintenant", estime t-il dans cet entretien, alors que le confinement doit se poursuivre au moins jusqu'au 15 avril.

L'Europe "aussi impuissante face au coronavirus que face à la peste noire"

"Les gouvernants néolibéraux ont été incapables de prévoir l'entrée de la crise" et "n'ont pas commencé à penser ni la manière de la surmonter réellement (à part le confinement, l'équivalent de la quarantaine moyenâgeuse), ni évidemment la sortie", ajoute-t-il.


Le député s'en prend également à l'Europe, qui "est presque aussi impuissante face au coronavirus qu'elle l'a été au XIVe siècle face à la peste noire".  Pour l'ancien candidat à la présidentielle, "le monde d'après doit commencer maintenant". Mais à ses yeux, "il ne faut pas rêver", un tel monde "à la sauce Macron sera un nouveau choc néolibéral".
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.