Coronavirus : "Il s'agit de reconstruire l'ordre du monde, ni plus, ni moins", estime Julien Bayou

Coronavirus : "Il s'agit de reconstruire l'ordre du monde, ni plus, ni moins", estime Julien Bayou
Julien Bayou (illustration)

, publié le samedi 04 avril 2020 à 18h57

"Cette relance doit être l'occasion de revoir l'échelle des valeurs qui structurent nos sociétés", estime le secrétaire national d'EELV.

La pandémie de Covid-19 représente un enjeu "immense" pour les écologistes, selon Julien Bayou, pour qui "il s'agit de reconstruire l'ordre du monde". "Ce qui se joue aujourd'hui, c'est le rassemblement de l'Humanité pour affronter et vaincre une menace commune et invisible.

Aujourd'hui la pandémie, demain d'autres crises, et le dérèglement climatique", a déclaré Julien Bayou samedi lors du Conseil fédéral d'Europe Écologie Les Verts tenu en visioconférence.


"L'heure n'est donc pas à la demi-mesure. La pandémie en cours nous appelle à être tout à la fois ambitieux, radicaux, pragmatiques et déterminés: il s'agit de reconstruire l'ordre du monde. Ni plus, ni moins", a-t-il affirmé, selon le texte de son intervention transmis à la presse.

"L'enjeu pour les écologistes est immense. Il s'agit de démontrer que le coronavirus n'est pas qu'une crise sanitaire, mais qu'il est le nom du dérèglement du monde", d'après le responsable EELV. "Jamais le modèle actuel n'aura autant vacillé sur ses bases", a-t-il dit, affirmant que "comme dans les années 30 aux États-Unis, notre société a besoin d'une nouvelle donne, un véritable green New Deal".

Le spectre d'une "relance brune"

"Le 'monde d'après' ne pourra pas être inventé par Emmanuel Macron et Édouard Philippe seuls", a encore estimé Julien Bayou, pour qui "il est nécessaire de trouver les modalités pour mettre tout le monde autour de la table". 

"Nous devons à tout prix éviter une 'relance brune', une relance à l'ancienne qui accroîtrait encore les émissions de CO2 au détriment du climat, de la justice sociale et de la santé", a-t-il souligné. "Cette relance doit être l'occasion de revoir l'échelle des valeurs qui structurent nos sociétés", a-t-il poursuivi, appelant à mettre en avant, "plutôt que les premiers de cordée, les premiers de corvée", caissiers/ères, personnels de la logistique, routiers...


Pour Julien Bayou, si aujourd'hui "la solidarité nationale doit prévaloir évidemment", elle "n'impose le silence ni sur (...) la pénurie de masques et l'austérité qui a fragilisé l'hôpital public, ni sur le manque de moyens pour sauver nos seniors (...), ni sur la critique des mesures que le gouvernement souhaite adopter pour déréguler nos acquis sociaux". Pour ce premier Conseil fédéral depuis le 1er tour des municipales, Julien Bayou a en outre jugé que ce scrutin, "malgré l'abstention défavorable" pour EELV, "révèle un vote écologiste structuré et structurant, un ancrage, une implantation".

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