Coronavirus : des personnalités de gauche appellent à "renoncer" à la réforme de l'assurance chômage

Coronavirus : des personnalités de gauche appellent à "renoncer" à la réforme de l'assurance chômage
La réforme de l'assurance chômage doit s'appliquer au 1er avril 2020 (illustration)
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, publié le mercredi 11 mars 2020 à 13h00

Alors qu'une crise économique semble inévitable avec la propagation du coronavirus en France, plusieurs figures de la gauche appellent le gouvernement à "renoncer" à la réforme de l'assurance chômage, qui aurait un impact "tragique" pour des "milliers de travailleurs". 

Ils appellent à "renoncer" à la réforme de l'assurance-chômage en pleine crise du coronavirus. Le numéro deux de la France Insoumise (LFI) Adrien Quatennens, le porte-parole du Parti socialiste (PS) Boris Vallaud et les syndicats ont réclamé mercredi au gouvernement de stopper le nouveau mode de calcul de l'allocation-chômage, qui doit entrer en vigueur à compter du 1er avril, alors qu'une crise économique se profile liée au Covid-19. 


Un impact "tragique" pour "des dizaines de milliers de travailleurs"

L'entrée en vigueur du texte "va être tragique pour les dizaines de milliers de travailleurs dont les plus précaires, aux emplois menacés par le Covid-19", a prévenu Boris Vallaud sur Twitter. "Le gouvernement doit définitivement y renoncer", a-t-il insisté. 


Avant lui, Adrien Quatennens avait appelé le gouvernement à "renoncer à l'application de la réforme" qu'il n'est "pas possible d'appliquer dans un contexte où l'économie est mise à mal", a-t-il justifié sur France 2

Ces revendications interviennent alors que Bruno Le Maire a reconnu lundi sur France Inter, que "l'impact [du coronavirus] sera sévère sur la croissance française en 2020", précisant que l'épidémie devrait coûter "plusieurs dixièmes de points de PIB" à la France.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, soutenu par FO et la CGT, a quant à lui redemandé mercredi au gouvernement de "renoncer" dans les plus brefs délais à l'application des nouvelles règles de calcul de l'allocation chômage pour les travailleurs précaires. Qualifiant les mesures de "profondément injustes", il a estimé que "plus d'un million de travailleurs seront concernés par une baisse allant de 20 à 45% de leur indemnisation chômage".



"La situation économique créée par l'épidémie risque de conduire à ce qu'un plus grand nombre de salariés se retrouvent en situation de demandeurs d'emploi et donc vont subir les conséquences restrictives de ces mesures", a pour sa part résumé FO dans un communiqué.

Demande d'un budget pour "faire face dans l'immédiat à la crise sanitaire"

Adrien Quatennens a aussi réclamé au Premier ministre "3 à 4 milliards de plus sur la table" pour l'hôpital "pour pouvoir recruter quelque 40.000 infirmiers supplémentaires pour faire face dans l'immédiat à la crise sanitaire liée au coronavirus qui vient impacter un hôpital public déjà très atteint". "Sans quoi ça peut être compliqué", a-t-il mis en garde.

Le ministère de la Santé avait annoncé le 3 mars qu'hôpitaux publics et cliniques privées allaient récupérer 260 millions d'euros correspondant aux crédits "non consommés" en 2019, une somme qui venait s'ajouter aux 415 millions mis en réserve début 2019 et "dégelés" en décembre.

Le ministère avait en outre dit qu'il allait "accélérer le calendrier du versement des dotations pour 2020": 3,5 milliards d'euros, soit "une partie des crédits" votés, seront "versés dès avril, et non pas fin mai comme c'est habituellement le cas".

La réforme de l'assurance chômage doit s'appliquer au 1er avril 2020, après une première vague, au 1er novembre 2019, qui a modifié les règles pour ouvrir des droits à indemnisation et les recharger. 
 

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