Coronavirus : Bruno Retailleau (LR) se méfie de "l'union nationale"

Coronavirus : Bruno Retailleau (LR) se méfie de "l'union nationale"
Bruno Retailleau, le 5 février 2019, à Paris

, publié le jeudi 16 avril 2020 à 11h40

S'il se dit favorable à "la concorde" face à la crise du Covid-19, le président des Républicains au Sénat n'épargne par Emmanuel Macron et l'exécutif, dont il fustige la gestion de crise.

La France va connaitre son deuxième mois de confinement face au coronavirus, alors que l'exécutif vient de présenter de nouvelles mesures dans le cadre du plan d'urgence gouvernemental face à la crise sanitaire. Dans ce contexte de mobilisation générale face à l'épidémie, Bruno Retailleau affiche ses réserves : "Si l'union nationale n'est qu'une bouée de sauvetage pour Emmanuel Macron, qui pour l'instant n'a pas bien géré la crise, je dis non", a t-il lancé à l'antenne de Radio Classique, jeudi 16 avril.


"La concorde oui", a-t-il expliqué, "et d'ailleurs on l'a prouvé à de multiples reprises".

Mais "si l'union nationale ça consiste à piéger l'opposition pour la faire taire", c'est non pour lui. 

L'allocution présidentielle, une "oraison funèbre du macronisme"

Selon l'élu de Vendée, avec une union, "on tomberait dans le syndrome autrichien" et "on a bien vu que c'était l'extrême droite qui à l'époque en avait bénéficié, puisque cela avait permis à l'extrême droite de dire 'vous voyez il y a un seul paquet, les partis classiques, et l'alternative c'est nous' Je pense que ça n'est pas une bonne solution".



Bruno Retailleau a par ailleurs évoqué la dernière allocution télévisée du président de la République durant laquelle Emmanuel Macron "nous a présenté une sorte d'oraison funèbre du macronisme". "Mais est-ce que tout ça va impliquer un changement, je ne le sais pas". Le chef de l'Etat a affirmé qu'"il y a dans cette crise une chance: nous ressouder et prouver notre humanité, bâtir un autre projet dans la concorde".

"Dans les prochaines semaines, avec toutes les composantes de notre Nation, je tâcherai de dessiner ce chemin qui rend cela possible", a-t-il ajouté. Aux yeux du chef de file LR, déjà "parler (...) de casting gouvernemental au moment où beaucoup de Français souffrent, où certains  meurent, c'est un peu surréaliste, et c'est pour moi de la politique politicienne". "Ce que je demande à Macron, ça n'est pas de réfléchir à qui sera le Premier ministre dans quelques mois, c'est de réfléchir à la bonne stratégie pour tirer les Français d'affaire", a t-il martelé. "Le confinement est indispensable mais ça ne suffit pas", dit-il. "On doit marcher sur deux jambes", ajoute le patron des sénateurs LR, insistant sur "l'autre stratégie, plus offensive" qui consiste en "un dépistage massif et une protection avec les masques". 
 

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