Coronavirus à l'Assemblée : au moins sept députés testés positifs en quelques jours

Coronavirus à l'Assemblée : au moins sept députés testés positifs en quelques jours
L'Assemblée nationale, le 20 octobre 2020.

, publié le vendredi 23 octobre 2020 à 11h05

Si, selon une source parlementaire, "la situation est sous contrôle" au Palais Bourbon, des collaborateurs s'inquiètent de l'absence d'informations sur les cas positifs. 

Au printemps dernier, l'Assemblée nationale avait été un "cluster". Les mesures prises depuis suffiront-t-elles à empêcher une nouvelle multiplication des contaminations parmi les députés ? Alors qu'au moins sept élus ont été testés positifs au Covid-19 ces derniers jours, selon des sources parlementaires, des collaborateurs s'inquiètent de l'absence d'informations sur ces cas, l'institution ne communiquant pas le nombre de cas positifs, au titre du secret médical.



Chez LREM par exemple, une élue vient d'être testée positive.

Un cas contact s'est isolé dans son bureau en attendant le résultat de son test jeudi après-midi. Un autre "marcheur", positif ce week-end, s'est isolé avec des "symptômes grippaux", mais "sans gravité". Le groupe LFI compte un cas, ses autres membres dont Jean-Luc Mélenchon sont négatifs.

Les non-inscrits Annie Chapelier et Hubert Julien-Laferrière sont à l'isolement après un test positif. Chez LR, Dino Cinieri, diagnostiqué la semaine dernière, est toujours positif. Hospitalisé le 13 octobre à cause du Covid-19, Michel Castellani (Libertés et Territoires), est rentré chez lui "il y a trois jours", mais est encore "affaibli", indique son groupe.

Le Palais Bourbon avait été un "cluster" au printemps dernier et avait dû fonctionner en très petits effectifs. Depuis mi-octobre, l'Assemblée a mis en place de nouvelles mesures contre le coronavirus. Ainsi, en commission, comme dans l'hémicycle, les députés ne peuvent siéger qu'en demi-jauge et le port du masque est obligatoire. 

Les mesures sont-elles suffisantes ? Selon une source parlementaire, "la situation est sous contrôle" mais "on est à la merci des imprudents". Chez les personnels toutefois, un syndicaliste déplore un "déni total". Il y a "de fortes lacunes sur l'information en cas de 'cas positif'", considère notamment la CFTC des collaborateurs.

L'Assemblée a demandé aux personnels touchés de se signaler via une adresse mail dédiée. "Cette information est indispensable pour permettre le traçage interne des cas contacts et identifier, le cas échéant, des foyers épidémiques au sein d'un service", indique un procès-verbal du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de début octobre.

Mais contrairement à la campagne de dépistage menée au Sénat sur la base du volontariat, qui a révélé vendredi dernier huit sénateurs positifs, il n'y a "pas de volonté de dépister" à l'Assemblée, regrette une source parlementaire. "Le cabinet médical ne doit être sollicité qu'en dernier recours (lorsque les conditions d'accès au laboratoire extérieur sont trop difficiles par exemple)", indique ainsi le PV du CHSCT consulté par l'AFP. Un laboratoire "proche du domicile" est à privilégier. 
 

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