Contraindre les cas positifs au Covid-19 à l'isolement ? La majorité partagée

Contraindre les cas positifs au Covid-19 à l'isolement ? La majorité partagée
Le délégué général de La République en marche Stanislas Guérini le 27 octobre 2020 à Paris.

, publié le mercredi 25 novembre 2020 à 13h46

Dans son allocution de mardi, le chef de l'Etat a souhaité que "le gouvernement et le Parlement prévoient les conditions pour s'assurer de l'isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante", sans évoquer d'éventuelles sanctions ou amendes ou un isolement obligatoire. 




C'est une question qui s'invite dans le débat depuis plusieurs jours : faut-il contraindre les cas positifs au Covid-19 à l'isolement ? Lancé par le groupe Agir (allié de La République en marche) à l'Assemblée nationale, qui réclame que la quarantaine de sept jours imposée aux malades soit contrôlée et passible d'une amende de 10.000 euros en cas d'infraction, le sujet a été repris par des associations et des professionnels de santé. 

"Nous devons être plus contraignants à l'égard de celles et ceux qui ont le virus", a également affirmé mardi 24 novembre Emmanuel Macron lors de son allocution. Le président de la République a souhaité que "le gouvernement et le Parlement prévoient les conditions pour s'assurer de l'isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante", sans pour autant évoquer d'éventuelles sanctions ou amendes ou un isolement obligatoire. 

"Je suis plutôt favorable à mettre le paquet sur l'accompagnement, on doit convaincre", a tempéré mercredi matin le délégué général de La République en marche Stanislas Guerini.

"On doit convaincre de l'intérêt. On doit inciter tout le monde, dès les premiers symptômes, à pouvoir s'isoler. Je pense qu'il y a d'autres étapes avant l'amende", a-t-il estimé sur franceinfo. "Si on veut donner une chance à nos stratégies de dépistage et de vaccination d'aboutir, on doit apporter de l'accompagnement, on doit convaincre de l'intérêt", a-t-il souligné. 

Castex met en garde contre un "problème redoutable"

"Je suis pour (l'isolement) si l'on arrive à garantir (...) le secret médical, qui relève de l'Assurance maladie. Il faut que les contrôles se fassent dans ce cadre-là", a de son côté affirmé sur LCI le président du groupe LREM à l'Assemblée Christophe Castaner. "Si, par contre, c'est un fichier où vous et moi si on a le Covid (...)  on se retrouve dans un fichier qui est diffusé largement, y compris aux forces de sécurité intérieure, à la police, à la gendarmerie pour faire des contrôles dans la rue, je suis contre", a-t-il ajouté. 

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait affirmé dès vendredi que l'isolement obligatoire était "une piste" qui devait faire l'objet d'un "débat démocratique", y voyant "à titre personnel" une "piste intéressante". "C'est une possibilité", a-t-il répété mercredi matin sur Europe 1.

Le Premier ministre Jean Castex a lui mis en garde contre un "problème redoutable" au cas où cela conduirait certaines personnes à ne pas se soumettre au test pour éviter l'isolement.

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