Confinement : "Pas le moment pour desserrer la bride", estime Jean Castex, malgré un "petit ralentissement" de l'épidémie

Confinement : "Pas le moment pour desserrer la bride", estime Jean Castex, malgré un "petit ralentissement" de l'épidémie
Jean Castex à Paris, le 10 novembre 2020.

, publié le jeudi 12 novembre 2020 à 11h50

Si l'exécutif reconnaît un "petit ralentissement" dans la progression de l'épidémie, la situation dans les hôpitaux ne permet pas d'envisager un assouplissement des mesures sanitaires.

Deux semaines après le reconfinement des Français, Jean Castex doit s'exprimer jeudi 12 novembre à 18h. Attendu sur un assouplissement du confinement, le protocole sanitaire dans les lycées ou encore sur la réouverture des commerces non-essentiels, le point d'étape du Premier ministre devrait décevoir les attentes de nombreux Français.

"Ce n'est certainement pas le moment pour desserrer la bride", explique-t-il dans un entretien au Monde.

Cette "revoyure" avait été promise le 28 octobre dernier par Emmanuel Macron, notamment pour faire le point sur la fermeture administrative de nombreux commerces pour enrayer la progression de l'épidémie de coronavirus. Le président avait également appelé à l'unité et à la solidarité. Mais force est de constater que la population accepte mal ce deuxième confinement. "Les Français commencent à en avoir plein le dos, en se disant : 'Quand est-ce qu'on va sortir de ce merdier ?'", reconnaît l'entourage du Premier ministre, cité par Le Monde.


"Nous allons voir si l'on doit desserrer ou resserrer le dispositif, au vu des données épidémiologiques", explique Jean Castex. Mais, malgré un "petit ralentissement" dans la propagation de l'épidémie, "ce n"est certainement pas le moment pour desserrer la bride". La situation dans les hôpitaux ne permet d'envisager un relâchement, selon Matignon. Les services du Premier ministre évoquent plutôt un durcissement des mesures, avance Le Monde : plus de contrôles et une pression accrue sur les entreprises pour généraliser le télétravail.

Quelles que soient les annonces faites jeudi soir, Jean Castex sait qu'elles lui seront reprochées. "Ceux qui nous attaquent disent tout et son contraire, déplore-t-il. Les mêmes qui nous accusaient de ne pas en faire assez contre le virus nous reprochent désormais de fermer les commerces de proximité." L'opposition n'est "pas à la hauteur des circonstances", estime le Premier ministre.  "Moi, j'essaie de tout faire pour préserver l'unité nationale, assure Jean Castex. Même si certains ne le veulent pas, j'œuvrerai toujours au rassemblement », assure Jean Castex. La France est forte quand elle se tient unie."

Sur le front sanitaire, la situation demeure très préoccupante. "Le pic de l'épidémie est devant nous, la deuxième vague progresse toujours", avertissait lundi le directeur général de la Santé, le Pr Jérôme Salomon, malgré un ralentissement de la progression de l'épidémie. Un "frémissement" constaté notamment à travers le taux d'incidence, qui mesure les nouveaux cas durant les sept derniers jours sur une population de 100.000 habitants. Il a commencé à baisser au niveau national la semaine dernière et le taux de cas positifs sur le nombre total de tests est repassé sous les 20%.


Mais 329 malades du Covid-19 sont encore décédés à l'hôpital mercredi. Lundi, la France avait enregistré le bilan quotidien le plus élevé depuis le début de la 2e vague épidémique avec 551 morts en 24 heures en milieu hospitalier. Plus de 42.000 personnes sont déjà mortes du Covid-19 en France.

Dans les services de réanimation, la situation se tend de jour en jour. Mercredi, 351 nouveaux patients en 24 heures ont rejoint ces lits, soit un total de 4.789 patients, sur une capacité totale et toutes pathologies confondues déjà portée de 5.000 à 6.400 lits et qui devrait bientôt passer à 7.500.

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