Condamnation de Nicolas Sarkozy : "On ne peut pas disqualifier l'autorité judiciaire" en démocratie, s'insurge François Hollande

Condamnation de Nicolas Sarkozy : "On ne peut pas disqualifier l'autorité judiciaire" en démocratie, s'insurge François Hollande
L'ancien président de la République, François Hollande.

, publié le samedi 06 mars 2021 à 19h20

François Hollande a accordé une interview au Parisien ce samedi 6 mars, s'insurgeant contre "les attaques répétées contre la justice et son indépendance" après la condamnation de Nicolas Sarkozy.

Dans une décision historique, Nicolas Sarkozy a été condamné par un tribunal correctionnel pour corruption et trafic d'influence à trois ans d'emprisonnement, dont un ferme, dans l'affaire dite des "écoutes" - une décision historique puisqu'il est ainsi devenu le premier ex-chef de l'Etat à être condamné à de la prison ferme.


L'ancien président de la République a immédiatement annoncé qu'il allait faire appel, dénonçant "une injustice profonde". Après l'annonce de cette condamnation, de nombreux ténors de la droite ont apporté leur soutien à Nicolas Sarkozy, certains questionnant même l'indépendance du parquet national financier.

"On ne peut pas disqualifier l'autorité judiciaire"

Interviewé dans Le Parisien ce samedi 6 mars, l'ancien président François Hollande a tenu à s'exprimer afin de "ne pas laisser ces accusations contre la justice sans réponse".

"L'amitié n'est pas un délit.

En revanche, ce que je n'accepte pas, ce sont les attaques répétées contre la justice et son indépendance, avec des magistrats qui sont nommément pointés du doigt", a-t-il estimé. Pour rappel, le parquet national financier a été créé sous François Hollande.

"Ce n'est pas le PNF qui a condamné Messieurs Sarkozy, Herzog et Azibert : il a simplement fait des réquisitions durant le procès. Enfin les magistrats du PNF n'ont pas été choisis par moi, pas plus que par mon successeur. Ils l'ont été sur proposition du garde des Sceaux après avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature", a rappelé François Hollande.

"Dans une démocratie, on peut commenter une décision de justice mais pas disqualifier l'autorité judiciaire. Je veux croire que le président Macron, garant de son indépendance, rappellera ces principes. En tout cas moi, je le fais", a continué l'ancien chef de l'Etat.

Un dossier rejugé courant 2022

L'avocat de Nicolas Sarkozy Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert se sont vus infliger la même sanction, assortie d'une interdiction d'exercer de cinq ans pour Me Thierry Herzog. Tous deux feront également appel.

Le dossier des "écoutes" devrait être rejugé courant 2022, puis il resterait ensuite aux trois hommes la possibilité de former un pourvoi en cassation. Ils encourent dix ans de prison et 1 million d'euros d'amende.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.