Comptes fermés du FN : "Maintenant ils nous combattent financièrement"

Comptes fermés du FN : "Maintenant ils nous combattent financièrement"
La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 22 novembre 2017 à Paris.

, publié le mardi 28 novembre 2017 à 10h37

VIDÉO. Saisie par le Front national (FN) et le ministère des Finances, la Banque de France a estimé ce mardi 28 novembre que la Société Générale n'a pas enfreint la réglementation en vigueur en fermant plusieurs comptes du parti d'extrême droite.

Pour, Marine Le Pen, cette note "ne dit rien". "Tout cela est sacrément au conditionnel. On n'a pas un élément supplémentaire sur les raisons qui ont poussé la Société Générale à clôturer brutalement le compte d'un parti politique français", a-t-elle expliqué au micro de BFMTV et RMC. "C'est le tribunal qui va décider" du sort de cette affaire.

"L'OBJECTIF C'EST D'EMPÊCHER LE FRONT NATIONAL DE FONCTIONNER"

"Les clôtures de comptes du Front national ne paraissent pas traduire un dysfonctionnement des banques au regard de leurs obligations réglementaires, et ne laissent pas supposer de discrimination", écrit la BdF dans un document publiée ce mardi. La Société Générale a confirmé la semaine dernière avoir demandé au FN de clôturer ses comptes, poussant le parti et sa présidente, Marine Le Pen, à dénoncer une "fatwa bancaire" et à annoncer leur intention de porter plainte. De son côté, la banque française a assuré que cette décision ne répondait qu'à des considérations bancaires et n'avait rien de politique.



La députée du Pas-de-Calais a indiqué que la plainte annoncée la semaine dernière allait être déposée "dans la semaine". Y aurait-il suspicion de blanchiment ? "Ne vous lancez pas dans des hypothèses diffamatoires", a-t-elle répondu à Jean-Jacques Bourdin. "Quand une banque a la moindre interrogation, elle saisit Tracfin, qui elle-même se renseigne et vérifie l'origine des fonds. Donc soit ils utilisent Tracfin, et ils ne le font pas (...) soit à l'évidence il n'y a absolument rien qui soit suspect ou inquiétant dans les transferts de fonds qui passent au travers du Front national", a-t-elle répondu.

Le FN "ne peut plus recueillir les adhésions par carte bancaire, nous ne pouvons plus recueillir les dons par carte bancaire, nous n'avons pas de chéquier, nous ne pouvons pas recueillir les prélèvements de nos élus qui contribuent au financement du Front national. Comment voulez-vous que le Front national fonctionne dans ces conditions ? On voit bien que l'objectif, encore une fois, c'est d'empêcher le Front national de fonctionner", a insisté Marine Le Pen.



"Ils nous ont combattus politiquement, et durement. Ils nous combattent juridiquement. Et aujourd'hui ils nous combattent financièrement". Qui ? "Il faut demander à M. Oudéa (directeur général de la Société Générale, NDLR), qui est par ailleurs le président de la Fédération bancaire européenne". "Cela dépasse la situation du FN et ça met en lumière les abus bancaires dont sont victimes des millions de Français". "Je veux élargir le sujet du FN pour demander maintenant un grand débat sur la moralisation du système bancaire français", a-t-elle ajouté.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.