Collectivités locales : le gouvernement veut "rationaliser" les dépenses

Collectivités locales : le gouvernement veut "rationaliser" les dépenses
Le Premier ministre, Édouard Philippe, le 25 juillet 2018 à l'Élysée.
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, publié le mardi 21 août 2018 à 13h40

Édouard Philippe a envoyé au milieu de l'été une circulaire aux préfets pour rationaliser les dépenses de l'État dans les territoires et faire des économies, rapporte Le Figaro.

La présence de l'État dans les régions "mérite aujourd'hui d'être analysée pour que chaque mission publique soit assurée dans les meilleures conditions et sans redondance inutile et coûteuse", écrit le Premier ministre. Selon lui, certaines missions de l'État au niveau local "peuvent être allégées".

Où seront réalisées les économies ? En premier lieu sur les subventions au développement des PME ou celles accordées aux agriculteurs, détaille la circulaire datée du 24 juillet et consultée par le quotidien.

Des retours attendus pour le mois d'octobre

Dans ce domaine, deux administrations d'État (régions et intercommunalités) se partagent la compétence et font donc doublon. Un plan de réorganisation a d'ailleurs été lancé en janvier 2017 afin "d'externaliser les activités résiduelles" et supprimer celles qui sont "devenues inertes, sans plus-values", précise Le Figaro.



Matignon souhaite également que l'État se désengage du tourisme - secteur confié aux collectivités - et de certaines activités liées à culture ou à la politique de la famille et de l'enfance. Ces dernières serait déléguées en totalité aux caisses d'allocations familiales.

Les dépenses liées au développement du programme "sport pour tous" seront également revues à la baisse et ne seront maintenues que dans les territoires défavorisés. Le pilotage des emplois aidés sera lui confié à Pôle emploi. L'État souhaite cependant garder le suivi des "dossiers de restructuration les plus sensibles", comme l'affaire GM&S dans la Creuse, explique le quotidien.

Édouard Philippe attend des "retours et des propositions" des préfets d'ici le mois d'octobre. Ces derniers sont appelés à consulter les syndicats avant. Cette restructuration permettrait d'atteindre un milliard d'euros d'économies.



Le gouvernement s'est fixé pour 2019 un cap ambitieux de réduction des dépenses et du déficit public. Or la croissance 2017 s'annonce moins forte que prévu - 1,8% au lieu des 2% espérés au printemps - alors que l'État doit financer des mesures coûteuses, dont la suppression partielle de la taxe d'habitation, qu'il compensera pour les communes.

Dans un rapport publié en décembre, la Cour des comptes avait invité l'État à "renoncer à disperser ses moyens dans des missions où sa plus-value est marginale, notamment vis-à-vis des collectivités décentralisées".

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