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Climat : Emmanuel Macron répond à Greta Thunberg et met en garde contre des "positions très radicales"

Climat : Emmanuel Macron répond à Greta Thunberg et met en garde contre des "positions très radicales"
Emmanuel Macron à la tribune de l'ONU, à New York, le 23 septembre 2019.

, publié le mardi 24 septembre 2019 à 08h55

La militante écologiste suédoise a déposé une plainte contre cinq pays, dont la France, qui n'ont pas su protéger selon elle la santé et les droits des enfants. "Je n'ai pas le sentiment que le gouvernement français bloquent", a de son côté estimé Emmanuel Macron.

Après plus d'un an passé dans les rues à manifester, entraînant derrière elle des foules de plus en plus nombreuses, Greta Thunberg est montée lundi 23 septembre à la tribune de l'ONU pour un discours bref et incisif, plein de colère contenue, accusant de "trahison" les dirigeants du monde. "Comment osez-vous?" a répété à plusieurs reprises la jeune Suédoise de 16 ans, la voix pleine de frustration et de colère, lorsque son tour est venu de s'exprimer au sommet sur le climat de l'ONU.

"Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses", a-t-elle accusé.

Aux côtés de 15 autres jeunes, l'adolescente a déposé une plainte inédite devant le Comité des Droits de l'Enfant de l'ONU, contre cinq pays : l'Argentine, le Brésil, la Turquie mais aussi l'Allemagne et la France. Bien que les dirigeants du monde aient signé cette convention il y a 30 ans, par laquelle ils s'engagent à protéger la santé et les droits des enfants, "ils n'ont pas tenu leurs engagements", a-t-elle dénoncé.

Ce qui n'a pas manqué de faire réagir Emmanuel Macron. "Toutes les mobilisations de notre jeunesse ou des moins jeunes sont utiles. Mais il faut qu'elles se concentrent maintenant sur ceux qui sont le plus loin, ceux qui essaient de bloquer. Je n'ai pas le sentiment que le gouvernement français ou le gouvernement allemand, aujourd'hui, sont en train de bloquer", a affirmé le président français, lui aussi en déplacement à New York, auprès d'Europe 1. "Quand je vois qu'on va fermer l'ensemble de nos activités charbon, qu'on stoppe l'exploitation d'hydrocarbures, qu'on est en train de bouger, je ne suis pas sûr que ce soit la voie la plus efficace", a-t-il insisté.




"On a besoin qu'on ait une jeunesse qui nous aide à faire pression sur ceux qui bloquent"

Le chef de l'État avait déclenché des critiques en France un peu plus tôt après avoir dit dans les colonnes du Parisien que les jeunes devaient plutôt manifester contre les pays qui ne "bougent" pas... citant la Pologne, accusée de bloquer le consensus européen pour l'adoption de la neutralité carbone à l'horizon 2050. "Les dénonciations, on est au courant. Défiler tous les vendredis pour dire que la planète brûle, c'est sympathique, mais ce n'est pas le problème", avait-il également estimé.

"Je pense surtout maintenant qu'on a besoin qu'on ait une jeunesse qui nous aide à faire pression sur ceux qui bloquent, en se mobilisant, et qui aussi participent à des actions très concrètes. Il y a des tas d'actions citoyennes qui sont utiles", a-t-il répété auprès d'Europe 1, en mettant en garde la jeune Suédoise : "Des positions très radicales, c'est de nature à antagoniser nos sociétés".



Greta Thunberg en fait-elle "trop" ?

Invité de BFMTV/RMC mardi matin, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a estimé que Greta Thunberg en faisait "certainement trop", en déposant cette plainte contre la France, "locomotive contre le réchauffement climatique", selon lui.



"Il ne faut pas créer une génération de déprimés autour" du climat, a-t-il estimé.


"Greta Thunberg, c'est bien, elle mobilise, mais je ne crois pas qu'on puisse trouver les solutions en montant les uns contre les autres", a par ailleurs réagi au même moment la secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique Brune Poirson sur France Inter. 

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