Christiane Taubira refuse toujours d'appeler à la vaccination en Guyane

Christiane Taubira refuse toujours d'appeler à la vaccination en Guyane
Christiane Taubira, le 31 janvier 2017.

publié le jeudi 30 septembre 2021 à 11h09

L'ancienne garde des Sceaux a appelé mercredi soir à "arrêter de faire diversion" pour se concentrer sur la résolution de la crise du Covid-19 en Guyane.

"Je pourrais dire 'Allez vous faire vacciner'' Et après ?". Vivement critiquée pour avoir refusé la semaine dernière d'appeler la population guyanaise à se faire vacciner contre le Covid-19, Christiane Taubira persiste et signe. 



"Il y a une véritable obscénité à chercher des querelles autour de ça", a dénoncé mercredi soir 29 septembre sur France 5 l'ancienne garde des Sceaux. Accusée de "lâcheté" mercredi matin par le ministre de la Santé Olivier Véran, Christiane Taubira a répondu que c'était "la première fois qu'on (lui) accol(ait) un tel vice" et a appelé à "arrêter de faire diversion" pour se concentrer sur la résolution de la crise du Covid-19 en Guyane.

"Le gouvernement, lui, il s'affranchit de ses responsabilités, la fonction publique sur place s'affranchit de ses incohérences. Les protestataires sur place accentuent leurs irresponsabilités et leurs occupations insensées et dangereuses (...) on continue comme ça, parce que le problème de tout le monde c'est Taubira, donc on continue comme ça. Mais moi je trouve ça grave", s'est-elle agacée. 

"Ce serait facile de dire une phrase. Allez vous faire vacciner et après et après?", a-t-elle lâché. "Il y a eu des paroles publiques qui l'ont dit et après et après? On est avec plus de 70% de la population qui dit non et qui n'y va pas."

Christiane Taubira a rappelé qu'elle s'est allée se faire vacciner "sans (s'en) cacher". "S'il y a un geste prescripteur, celui-là me paraît le maximum dans la mesure où j'applique à moi-même ce que j'estime bon à faire", a-t-elle justifié. 

Selon elle, "la question n'est pas d'appeler une population largement réticente à la vaccination, mais de mettre un terme à la guerre de tranchées sur le territoire (guyanais)", qui oppose la haute fonction publique, "qui varie dans ses consignes", et les protestataires, "qui ont perdu tout sens de la mesure". "Je ne veux pas prendre parti dans la guerre de tranchées, (...) j'ai des griefs contre les deux", a assuré l'ex-ministre de François Hollande, réclamant une "médiation".

L'Agence régionale de santé de Guyane a fait état vendredi dernier d'un niveau de décès "jamais atteint" dans le département, avec la mort de 21 personnes en sept jours des suites du Covid-19. Le taux de vaccination n'y est que de 27% pour les premières doses et 22,9% de la population présente un schéma vaccinal complet. Il s'agit des taux de vaccination les plus bas du territoire français. 
 

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