César: Une récompense pour Polanski serait un "symbole mauvais", selon Riester

César: Une récompense pour Polanski serait un "symbole mauvais", selon Riester
Le ministre de la Culture Franck Riester sur le perron de l'Elysée le 15 janvier 2020

, publié le vendredi 28 février 2020 à 11h49

Un César de meilleur réalisateur pour Roman Polanksi serait "un symbole mauvais", a jugé le ministre de la Culture Franck Riester vendredi matin sur France Info. 

Un César de meilleur réalisateur pour Roman Polanksi "serait un symbole mauvais par rapport à la nécessaire prise de conscience que nous devons tous avoir dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, c'est à chacun et chacune des votants (...) de prendre ses responsabilités", a détaillé le ministre. 

En revanche, le responsable politique ne voit pas d'inconvénient à un César de meilleur film, estimant que "J'accuse" est l'œuvre d'une "équipe" et qu'il n'y a "pas de raison de pénaliser le collectif par rapport à un comportement éventuellement sanctionnable d'un des artistes".

Par ailleurs, M. Riester comprend la décision - "elle est sage" - de Roman Polanski de ne pas venir assister à la cérémonie des César ce vendredi soir. "Avec ce qui s'est passé, depuis de nombreuses années, avec un certain nombre de femmes qui ont dit avoir été agressées par Roman Polanski, sa présence ce soir aurait été évidemment une source de tension".

"C'est très compliqué cette question de Roman Polanski et du film +J'accuse+ (...) on ne doit pas faire un mélange entre les œuvres et les artistes - en tout cas les hommes qui sont des artistes - parce que une œuvre doit être protégée. Je suis le garant de la liberté de création et de l'accès libre aux œuvres de l'art et de l'esprit", a développé le ministre.

"Il est important de faire en sorte, de dire, que ce n'est pas parce qu'on est un artiste, même réputé, même de talent, qu'on a une garantie d'impunité, il est important de bien différencier les choses", a-t-il encore souligné.

La 45e cérémonie des César se tient vendredi soir sous haute tension, sur fond de réformes attendues - notamment sur la parité - et de vives protestations contre les 12 nominations du "J'accuse" de Roman Polanski. La grand-messe annuelle du cinéma français débutera vers 21H00. Elle s'annonce agitée.

Illustration de ce climat explosif, elle sera précédée dès 18H00 par un rassemblement à l'appel d'associations féministes, dont #NousToutes et Osez le féminisme, pour protester contre les nombreuses nominations de "J'accuse".

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