Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de François Fillon

Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de François Fillon
François Fillon, le 6 février 2017, à Paris

, publié le lundi 06 février 2017 à 16h55

Après un week-end de discrétion médiatique, François Fillon est retourné au front ce lundi 6 février, pour se défendre et lancer une "nouvelle campagne". Au cours d'une longue conférence de presse donnée depuis son QG de campagne à Paris, il a fourni des justifications approfondies face aux accusations dont il fait l'objet.

"Une émotion légitime monte du pays.

Je comprends les interrogations. Je n'ai rien à cacher. Je ne peux pas accepter les accusations infondées qui me prennent pour cible après 32 ans de vie politique sans problème judiciaire, et d'éthique irréprochable", a t-il commencé. Dénonçant une nouvelle fois des attaques d'une "violence inouïe", selon lui inédites "sous la Ve République", François Fillon s'est justifié dans le détail face aux soupçons d'emplois fictifs qui pèsent sur lui et sa famille. "Tous les faits évoqués sont légaux et transparents", a t-il martelé.


"Oui, j'ai employé mon épouse comme collaboratrice", a t-il expliqué au sujet de sa femme Penelope, qui a occupé ce poste "pendant 15 ans pour un montant moyen 3677€ net". Rappelant la "discrétion" de son épouse, il a précisé les tâches qui étaient les siennes. Gestion du courrier, de l'agenda, représentation dans les manifestations locales... "Son travail était indispensable à mes activités d'élu", estime t-il. François Fillon est également revenu sur les détails révélés dans la presse, dont le fait que Penelope Fillon ne possédait pas de badge à l'Assemblée nationale, ni de boîte mail dédiée. "C'est pourtant le cas d'un très grand nombre de collaborateurs". "C'est vraiment méconnaître la réalité du travail de collaborateur", a t-il lancé. "Tous les élus savent que ces métiers recouvrent les tâches les plus diverses. Ce métier est fait de tout un tas d'actions modestes accomplies dans l'ombre qui peuvent paraître anodines à certains mais qui sont indispensables à la démocratie locale", a t-il encore ajouté.

"J'AI AGI SELON UN USAGE CERTES LÉGAL MAIS DONT LES CITOYENS NE VEULENT PLUS"

Après une série de précisions sur le travail de ses enfants, détaillant leurs fonctions de collaborateurs parlementaires, François Fillon a fait son mea-culpa, reconnaissant une "erreur." "Tout cela était légal. Mais suis-je quitte sur le plan moral? Cette question éthique me place face à ma conscience et face aux Français" a t-il reconnu, déclarant que "ce n'est pas au système médiatique de décider". "Le premier courage en politique, c'et de reconnaître ses erreurs", a t-il admis au sujet de l'emploi de proches dans le cadre d'activités politiques, une "pratique aujourd'hui rejetée par les Français". "Ce qui était accepté hier ne l'est plus aujourd'hui", a t-il admis, évoquant son choix d'une "collaboration de confiance qui suscite la défiance".

"Je le regrette, et présente mes excuses aux Français". "J'ai agi selon un usage certes légal mais dont les citoyens ne veulent plus", a déclaré le candidat à la présidentielle. "S'il faut réformer le système, et bien réformons-le", dit-il au sujet des conditions d'exercice de mandat de parlementaire.

Pas question toutefois de remettre en cause son statut de candidat à l'Élysée : "C'est une nouvelle campagne qui commence. C'est avec une énergie décuplée et une détermination farouche que j'aborde cette campagne", a-t-il lancé, dénonçant une "tentative désespérée" de détourner l'attention des électeurs. "On ne pourra pas leur voler leur choix. On ne les fera pas taire. Le système veut décider du résultat à la place des électeurs", estime le candidat de la droite et du centre, égratignant au passage le Front national des Le Pen, une "famille d'intouchables du domaine de Montretout", et "Emmanuel Macron, un candidat "sans programme". François Fillon a par ailleurs indiqué qu'il publiera sur internet ce lundi "dans la soirée" tout le détail de son patrimoine.

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