"Ce n'est pas Emmanuel Macron qui a 'tenu bon' pendant la crise, mais les services publics", estime Ségolène Royal

"Ce n'est pas Emmanuel Macron qui a 'tenu bon' pendant la crise, mais les services publics", estime Ségolène Royal
Ségolène Royal à Marseille en janvier 2020.

, publié le mardi 16 juin 2020 à 15h50

L'ancienne ministre estime qu'il faut "un autre horizon" et "admettre enfin que l'Etat a un rôle majeur à jouer". 

"Le temps n'est plus aux promesses ; il est à l'action", a estimé l'ancienne ministre Ségolène Royal dans un entretien aux Echos publié mardi 16 juin, critiquant la gestion de la crise du coronavirus du chef de l'Etat. "Ce qu'on attend d'un président de la République en sortie de crise, ce sont des mesures opérationnelles concrètes.

Les Français attendaient des initiatives fortes et ils n'ont eu que des promesses théoriques", a lancé l'ancienne candidate à la présidentielle à propos de l'allocution de dimanche d'Emmanuel Macron. 



"Pour la seule réouverture des cafés-restaurants, il suffisait d'un communiqué de presse ! Et encore aurait-on dû les aider davantage en baissant leur taux de TVA et en les prévenant plus tôt. Qu'Emmanuel Macron n'ait pas mieux préparé la sortie de crise est inquiétant", a-t-elle fustigé. "Je pense que je l'aurais fait dès la période de confinement", a-t-elle ajouté.

"Manque d'anticipation, retard à l'allumage sur la fabrication des masques, carence de tests, etc. La dureté du confinement, ses conséquences graves en terme psychologique, éducatif et économique, sont dus à une très mauvaise gestion de la logistique et à des retards dans la chaîne de commandement. Ce n'est pas Emmanuel Macron qui a 'tenu bon' pendant la crise, comme il le dit, mais les services publics. A commencer par l'hôpital", a-t-elle poursuivi, estimant que la "première urgence serait donc de revaloriser les salaires des soignants et d'aligner leurs rémunérations sur la fonction publique d'Etat". Selon la présidente de l'association Désirs d'avenir pour la planète, "la bonne gouvernance serait de régler les problèmes avant qu'il n'y ait des mouvements sociaux, épuisants pour tout un chacun".

Si le chef de l'Etat a promis un "nouveau chemin", Ségolène Royal estime que "la question n'est pas d'être nouveau mais de mener quelque part". "On avait déjà eu En marche. Mais pour aller où ? Dans le chaos", tacle-t-elle. "Il faut un autre horizon. Admettre enfin que l'Etat a - comme il l'a montré pendant la crise - un rôle majeur à jouer. La puissance publique doit aller jusqu'au bout de ce qu'elle peut faire pour relancer l'économie", estime-t-elle. "C'est une vraie réinvention pour l'actuel président qui s'est fait élire sur la mondialisation heureuse et a vécu depuis trois ans sur l'idéologie de l'Etat minimal en saignant le modèle social français. Le nouveau chemin l'oblige à remettre en cause ses fondamentaux néolibéraux. Mais on le sent hésitant, comme s'il ne croyait pas que l'Etat puisse être stratège", déplore-t-elle.

 

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