Castex et Philippe, encartés nulle part, soufflent les bougies de La République en marche

Castex et Philippe, encartés nulle part, soufflent les bougies de La République en marche
Jean Castex et Edouard Philippe au Havre le 22 janvier 2021

, publié le mardi 06 avril 2021 à 21h50

Jean Castex a enjoint mardi La République en marche à "gagner la bataille des territoires, comme elle est à la pointe de celle des idées", tandis que l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, a défendu "l'engagement partisan", à l'occasion du cinquième anniversaire du parti.

Le locataire de Matignon et son prédécesseur, tous deux ex-LR, n'ont jamais pris leur carte au mouvement présidentiel. Ils se sont successivement exprimés dans des vidéos diffusées lors d'un "meeting virtuel", cinq ans après la création d'En Marche ! par Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie de François Hollande.

Jean Castex a rendu un hommage appuyé au chef de l'Etat, en saluant sa "démarche (qui) ne se voulait pas seulement l'expression d'un nécessaire renouvellement politique, (mais) incarnait et incarne toujours une façon de faire différente".

"Si la France a tenu, si la France tient, c'est d'abord grâce aux décisions du président de la République et au gouvernement, mais c'est aussi et surtout grâce à la solidité des institutions de la Ve République", a-t-il fait valoir.

"Ce renouveau revendiqué, il n'a rien du dégagisme ni du rejet de l'autre que certaines formations ont porté au cœur de leurs revendications, il est au contraire porteur de rassemblement d'élargissement, de dépassement", a encore lancé l'actuel Premier ministre.

Mais, a-t-il prévenu, "En marche ! doit encore gagner la bataille des territoires comme elle est à la pointe de celle des idées", ce qui représente un "chemin long et escarpé" mais aussi une "tâche exaltante".

Son prédécesseur à la tête du gouvernement, Edouard Philippe, a pour sa part défendu "les partis politiques" dans leur ensemble, bien qu'il ne soit lui non plus encarté nulle part depuis 2017.

"L'engagement partisan est respectable, parce que la constitution de la Ve République le dit de la façon la plus claire et, je pense, la plus décisive possible: +les partis politiques concourent à l'expression du suffrage+", a souligné celui qui fut directeur général des services de l'UMP à sa création.

"On ne peut pas structurer un débat public sans parti politique: (ils) ont la fonction d'organiser le recrutement, de former, de sélectionner et de nourrir le débat public ; c'est une responsabilité démocratique éminente", a encore considéré le maire du Havre, en estimant que "la vérité vraie, c'est qu'une démocratie qui fonctionne a besoin de partis politiques".

La personnalité politique préférée des Français, ainsi que chez les seuls sympathisants de droite, a encore évoqué "une forme de viscosité du réel, de résistance du réel à transformer la vie telle qu'on aimerait pouvoir le faire, qui est parfois lassante, parfois difficile et qui parfois peut, au fond, conduire à une forme de découragement, à une forme de lassitude, peut-être même à une forme de d'amertume".

"Je pense qu'il faut s'en prémunir complètement, je pense qu'il faut garder un très grand enthousiasme devant l'action politique", a ajouté M. Philippe, omniprésent dans les médias ces derniers jours à l'occasion de la sortie de son livre-récit, écrit avec son ex-conseiller politique Gilles Boyer.

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