Castex et les régions: confiance sur la relance, méfiance sur le Covid-19

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Le Premier ministre Jean Castex, le 28 septembre 2020 à Paris
Le Premier ministre Jean Castex, le 28 septembre 2020 à Paris
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© AFP, Alain JOCARD
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, publié le lundi 28 septembre 2020 à 20h18

Jean Castex et les présidents de région ont mis en scène lundi leur "confiance" retrouvée pour "co-piloter" le plan de relance, même si la gestion de la crise sanitaire "parasite" leur relation depuis la semaine dernière.

La signature à Matignon d'un accord de "co-pilotage" du plan de relance de 100 milliards sur deux ans "scelle l'accord entre les régions et l'Etat pour unir leurs forces face à la crise qui est là, qui est devant nous", s'est réjoui le Premier ministre.

Une rencontre "historique" pour le président de Régions de France, Renaud Muselier, ainsi que pour Matignon qui insiste sur le "renouvellement du dialogue".

"Il est tout à fait symbolique et important que nous nous employions à territorialiser au maximum les interventions de ce plan pour qu'il se fasse au plus près des gens, des entreprises et des territoires", a assuré Jean Castex.

"C'est un changement de méthode très impressionnant", a salué le président de la région Provence Alpes Côte d'Azur, qui ne cache pas que ses relations avec M. Castex sont meilleures qu'avec son prédécesseur Edouard Philippe. "Il y a une sorte de contrat de confiance sur la démarche", s'est-il félicité.

Si "le contrat de confiance" est acquis pour faire face à la crise économique entre l'Etat et les régions, il est nettement moins évident pour la gestion de la crise sanitaire, depuis les annonces de la semaine dernière du gouvernement sur la fermeture des bars, déploré avec force par les collectivités pour le manque de concertation.  

"Il y a un parasitage entre les deux opérations", a reconnu M. Muselier à sa sortie de Matignon, reconnaissant que les présidents avaient demandé "que ce qui s'est passé à Marseille ne se renouvelle pas" lors des prochaines annonces du gouvernement.

La présidente d'Ile-de-France, Valérie Pécresse, a d'ailleurs redouté que le même scénario se reproduise. "Je crains surtout que le gouvernement agisse seul sans nous associer parce qu'à la fin cela retombe toujours sur nous", a-t-elle affirmé après la rencontre.

"Nous sommes le filet de sécurité qui, avant d'être activé, a besoin d'être informé", a-t-elle insisté, exigeant que les régions soient "associées à la gestion de la crise sanitaire", comme à celle de la crise économique.

- Un plan "volontariste" -


L'accord signé entre M. Castex et les présidents de région reprend les grandes lignes de l'accord de méthode qu'il avait déjà conclu en juillet avec M. Muselier. "Il est désormais tourné vers le plan de relance de manière très volontariste", a assuré l'entourage du chef du gouvernement.

A l'exception du président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, qui n'a pu se déplacer "pour des raisons logistiques", les douze autres présidents de région, ont fait le déplacement pour signer ce texte. 

"Dans chaque région, d'ici la fin de l'année, il y aura la signature d'un accord de relance", a expliqué le cabinet du Premier ministre, précisant que les départements qui le souhaitent pourront aussi signer des textes du même type.

Dans cet "accord de partenariat", l'Etat et les régions s'engagent à investir chacun 5 milliards d'euros supplémentaires dans le cadre du plan de relance, soit 10 milliards de plus pour un total de 40, comme convenu en juillet. 

Cela s'effectuera dans le cadre des contrats de plan Etat-Région 2021-2027, dont les axes forts tourneront autour de la transition écologique, la recherche, la cohésion sociale, la santé, la formation professionnelle ou encore la modernisation des infrastructures de transport.

"A court terme, pour amorcer la pompe, il est prévu dès la fin 2020 de soutenir les investissements régionaux qui s'inscrivent dans le plan de relance à hauteur de 600 millions d'euros", a expliqué Matignon. 

Autre signe d'apaisement, la compensation totale de la baisse des impôts de production, décidée par l'exécutif pour stimuler la compétitivité des entreprises. Cette coupe de 20 milliards d'euros vient directement toucher les régions, qui en percevaient 7 à 10 milliards, notamment via la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE).

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