Carburants : "Il faut augmenter le prix de l'essence" face à l'urgence climatique, plaide Sandrine Rousseau

Carburants : "Il faut augmenter le prix de l'essence" face à l'urgence climatique, plaide Sandrine Rousseau
Sandrine Rousseau, en septembre 2021, à Paris

publié le lundi 18 octobre 2021 à 12h15

L'ex-candidate de la primaire écologiste pointe la dépendance accrue aux énergies fossiles, qui doit être prise à bras-le-corps dans le contexte d'urgence climatique et de réchauffement global.

"Ca fait partie des choses qui ne sont pas agréables dans la transformation écologique. Le carbone est ce qui nous met en danger". A rebours des appels à baisser les taxes sur les prix du carburant, Sandrine Rousseau a défendu une augmentation des tarifs au cours du prochain quinquennat, afin de lutter contre la dépendance aux énergies fossiles, et la nécessité d'"un plan d'investissements massif pour qu'on dépende moins de l'essence" avec une aide pour les plus défavorisés. "Il faut contrôler les prix" mais "sur les cinq années, il faut augmenter le prix de l'essence.

Bien sûr que je le maintiens!", a t-elle lancé à l'antenne de RMC-BFMTV, lundi 18 octobre. "C'est indispensable! La question c'est 'comment on fait'. Comment on fait pour éviter ce réchauffement climatique qui est un mur de béton armé dans lequel on va à grande vitesse", a t-elle encore ajouté.

La responsable du comité politique dans la campagne de Yannick Jadot, a elle aussi défendu "des mesures d'urgence" avec ces chèques supplémentaires, mais également la nécessité de "taxer" et "mettre la pression sur les entreprises, Total, Engie, qui font des profits considérables". "A un moment donné il faut que ces entreprises participent à l'effort de solidarité vis-à-vis des personnes qui ne peuvent pas s'en sortir aujourd'hui", a-t-elle estimé sur BFMTV et RMC.


Dans une nouvelle décision fustigeant l'action climatique des gouvernements successifs, la justice a ordonné à l'Etat français de "réparer" les conséquences de ses engagements non tenus en matière de lutte contre le réchauffement. Le litige avait été porté devant le tribunal administratif de Paris en 2019 par quatre ONG, sous la bannière "l'Affaire du siècle" et soutenues par une pétition de plus de 2,3 millions de citoyens. Elles dénonçaient le non-respect par la France de ses propres engagements en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, des "budgets carbone" plafonds, fixés dans la Stratégie nationale bas carbone (pour la période 2015/18). En février, le tribunal leur avait donné raison, déclarant l'Etat "responsable" des manquements à ses engagements et du "préjudice écologique" qui en découle. Cette décision, rendue jeudi dernier, est intervenue à moins de trois semaines de l'ouverture d'une conférence internationale climat (COP26) cruciale, alors que les experts climat de l'ONU ont récemment sonné une nouvelle fois l'alarme sur l'accélération du réchauffement.
 

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