Carburants : François Bayrou remet en cause la politique du gouvernement

Carburants : François Bayrou remet en cause la politique du gouvernement
François Bayrou le 10 mai 2018 à Aix-la-Chapelle.

Orange avec AFP, publié le mercredi 21 novembre 2018 à 21h59

Alors que les "gilets jaunes" se mobilisent contre la hausse des taxes sur le carburant, le président du MoDem et allié de la majorité a estimé dans les colonnes du Figaro que la prochaine augmentation prévue en janvier méritait réflexion.

Des barrages filtrants subsistaient aux abords de sites pétroliers et d'axes routiers ce mercredi soir 21 novembre, au cinquième jour de la mobilisation des "gilets jaunes" contre la hausse des prix du carburant qui marque le pas avant un rendez-vous fixé samedi à Paris.



Face à la grogne, François Bayrou s'interroge sur le bien-fondé de la prochaine augmentation prévue en janvier. "Une nouvelle étape d'augmentation des taxes sur les carburants est prévue au mois de janvier : cela mérite que nous y réfléchissions", a estimé mercredi le patron du MoDem et partenaire de la majorité dans un entretien au Figaro.

Moduler les taxes en fonction du coût du baril de pétrole ?

"La trajectoire définie à partir de 2007, sous l'impulsion de Nicolas Hulot, était claire : une augmentation progressive des prix pour conduire à une baisse de la consommation des hydrocarbures. Mais peut-être n'avons-nous pas assez réfléchi au 'progressivement'", fait valoir l'éphémère ministre de la Justice d'Emmanuel Macron, qui propose de "reprendre l'idée d'une modulation des taxes en fonction du coût du baril du pétrole".

Le maire de Pau, qui était à l'Élysée mercredi soir écouter le président de la République, appelle à "comprendre qu'un tel mouvement est un révélateur d'une crise profonde de la société française", "une sorte de sécession de la base de la société contre son prétendu sommet" qui date, selon lui, "de plusieurs décennies".

"Une démocratie ce n'est pas que le gouvernement"

S'il reconnaît que "la première mission de l'État est de faire régner l'ordre", il estime également que "les responsables politiques (...) doivent aller plus loin, il leur faut des antennes pour comprendre ce qui se passe".

Alors qu'on lui fait observer que "le Premier ministre répète qu'il ne changera pas de cap", François Bayrou répond qu'"une démocratie, ce n'est pas que le gouvernement, c'est aussi un Parlement et des mouvements politiques qui ont la responsabilité d'ouvrir le débat", tout en défendant Emmanuel Macron, lequel a, selon lui, "une pleine conscience de cet éloignement et de cette rupture".

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