Cambadélis : «C'est le moment de la reconstruction au PS»

Cambadélis : «C'est le moment de la reconstruction au PS»

« Le parti doit rompre avec sa culture hégémonique, il doit devenir central à gauche », affirme Jean-Christophe Cambadélis, patron sortant du PS.

leparisien.fr, publié le jeudi 05 avril 2018 à 18h54

A la veille du Congrès du PS qui se tient samedi et dimanche à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Jean-Christophe Cambadélis, ancien Premier secrétaire du parti, salue l'élection d'Olivier Faure.

Jean-Christophe Cambadélis n'est plus Premier secrétaire du Parti socialiste depuis septembre dernier. A la veille du Congrès du PS qui se tient ce week-end à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), il salue l'élection d'Olivier Faure.

Avez-vous voté pour Olivier Faure, le nouveau patron du PS ?

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS. Je ne vous dirai pas pour qui j'ai voté. Mais Olivier Faure est le bon choix. Il n'est pas sur le registre tonitruant d'une Le Pen, d'un Wauquiez ou d'un Mélenchon. Il fera entendre une voix raisonnable, réformiste de gauche, mais dans l'opposition à Macron.

Sur quels points devra-t-il s'améliorer ?

Comme tous les Premiers secrétaires, sur l'art oratoire.

Que devrait être le « faurisme » ?

Le faurisme, ça devrait être l'euphorisme ! (rires) Redonner de l'espoir, car c'est le moment de la reconstruction, de la fierté.

Il parle beaucoup de synthèse. C'est la bonne ligne ?

Le Congrès d'Aubervilliers ce week-end sera aussi important pour le PS que le fut celui d'Epinay en 1971 (NDLR, au cours duquel François Mitterrand est devenu Premier secrétaire). Epinay tranchait avec l'ancienne stratégie en appelant à l'union de la gauche et en rompant avec le système capitaliste. Aubervilliers, c est la stratégie du « ni - ni », ni Macron, ni Mélenchon. L'heure n'est pas pour le PS à réfléchir à des alliances, mais de travailler à sa nouvelle identité. Il doit rompre avec sa culture hégémonique, mais doit devenir central à gauche.

Olivier Faure doit-il clairement afficher une ligne socio-démocrate et européenne ?

On peut être eurocritique, mais le PS doit être obligatoirement proeuropéen, et aussi écologiste, social et décentralisateur.

Martine Aubry vous reproche de ne pas avoir fait travailler le parti. Quelle est votre responsabilité dans le mauvais état du PS ?

Elle doit être très grande si Martine Aubry le dit (sourires) ! Elle qui s'occupe beaucoup de Lille - ce qui est une bonne chose - n'a pas eu le temps de lire les travaux que nous avons menés sur tous les sujets. Mais je reconnais que nous n'avons pas réussi à rendre audible ce que nous avons fait.

Combien de temps prendra la reconstruction du PS ?

Il faut concevoir la « remontada » par étapes. L'horizon des socialistes ne peut pas être les Européennes. Les municipales, dans deux ans, seront le vrai rendez-vous, parce que ça correspond à la sociologie du PS, très implanté localement.

François Hollande a-t-il été le fossoyeur du PS ?

Non. Il a une part de responsabilité car il était président de la République. Et on ne doit pas s'interdire de faire l'inventaire du bilan de François Hollande. Mais nous portons tous une part de responsabilité. On n'a pas créé les conditions de sa réélection.

La SNCF, les étudiants... Vous pensez que le mouvement social peut prendre de l'ampleur ?

Il y a une juxtaposition des mécontentements parallèles, mais je ne crois pas à leur coagulation. Il y a besoin d'une alternative politique, mais elle n'existe pas à gauche. Et la droite demande davantage de réformes. Il y a toutefois un mécontentement rampant qui peut trouver son expression dans les urnes.

Comment jugez-vous l'attitude d'Emmanuel Macron face aux mouvements sociaux ?

Je crois que Macron sous-estime les symboles en politique. Le statut des cheminots, la question des migrants, les APL... Le froid calcul technocratique ne peut pas être la seule référence politique. Ce pouvoir manque d'empathie, il est d'une froideur totale. Il pense qu'il n'y a pas d'autre alternative que lui-même. Il est trop sûr de lui.

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