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Calmels limogée de LR : les réactions de la classe politique

Calmels limogée de LR : les réactions de la classe politique
Virginie Calmels et Laurent Wauquiez aux Estables, en Auvergne-Rhône-Alpes, le 3 septembre 2017
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, publié le lundi 18 juin 2018 à 11h00

Après l'annonce de l'éviction de Virginie Calmels, les réactions se font tantôt virulentes, tantôt compréhensives envers la numéro 2 du parti Les Républicains.

Les Républicains ont-ils eu raison de congédier leur vice-présidente déléguée ? Pour Nadine Morano, conseillère politique du président des Répubicains (LR), la réponse est évidente : "Laurent Wauquiez a eu raison de faire preuve de fermeté. Cette décision était très attendue par nos militants.

Nous avons un président qui doit être incontesté", a-t-elle déclaré au micro de France Info, lundi 18 juin. Pour la députée européenne, Virginie Calmels "n'a pas trouvé ses marques. Quand on est démocrate, on respecte le scrutin en interne. Le numéro 2 est là pour épauler le numéro 1. Il n'est pas là pour nuire au parti".



Dimanche 17 juin dans la soirée, la direction de LR a mis fin aux fonctions de sa vice-présidente, après deux semaines de conflit ouvert avec Laurent Wauquiez. "Après consultation de l'équipe dirigeante, Laurent Wauquiez, président des Républicains, nomme Jean Leonetti, maire d'Antibes et président du Conseil national, vice-président délégué des Républicains", a annoncé le parti dans un communiqué laconique. M; Leonetti a exprimé sa "gratitude amicale" envers Laurent Wauquiez "pour sa confiance et à l'équipe dirigeante pour son soutien". "Ils peuvent tous compter sur ma loyauté", a écrit le maire d'Antibes sur Twitter.



"LE COURAGE DE TRAHIR"

Nombreux sont ceux à partager l'avis de Nadine Morano. "Bien sûr il y a différentes sensibilités" au sein de LR, mais il y a aussi "un principe de loyauté et il est d'autant plus fort qu'on appartient à l'équipe dirigeante", a plaidé sur Europe 1 un des vice-présidents de LR, Damien Abad, jugeant que "la décision était inévitable compte tenu de la semaine qu'on a vécue".

"La droite ne peut pas se permettre des divisions comme elle a connu par le passé (...) Aujourd'hui la refondation prend du temps et on ne peut pas se permettre d'avoir des embûches supplémentaires", a insisté M. Abad.



Interrogée sur BFMTV pour savoir si la désormais ex-numéro deux du parti n'avait tout de même pas fait preuve de courage en affichant ses points de vue, une de ses porte-parole, Lydia Guirous, a demandé si ce n'était pas plutôt "le courage de trahir". "Nous vivons tous ensemble avec notre diversité d'opinions (...) mais Les Républicains sont une famille qui est héritière du gaullisme, et dans le gaullisme, il y a aussi le chef, le respect du chef, et Laurent Wauquiez est un chef, il a tranché", a-t-elle justifié. Être membre de l'équipe dirigeante de LR implique des "devoirs de solidarité" : "on ne peut pas garder une numéro deux qui joue contre son camp", a-t-elle ajouté.

"En politique la valeur au premier rang à mon sens, c'est celle de la loyauté, et donc je ne comprends pas très bien la réaction d'Alain Juppé", a par ailleurs glissé Lydia Guirous, alors que le maire de Bordeaux a salué dans un tweet dimanche les "convictions" et le "courage" de sa première adjointe.

Geoffroy Didier, secrétaire général délégué, a lui aussi souligné "une règle d'or : on joue en pack, on joue collectif". "Complémentarité oui, absence de solidarité non", a-t-il résumé. Cet épisode "n'est pas une affaire politique, c'est une affaire personnelle", a en outre relativisé M. Didier, estimant que "c'est en fait un départ, à partir du moment où Virginie Calmels privilégiait les critiques publiques plutôt que les remarques privées", et soulignant qu'"elle reste membre des Républicains".

"LE RÉTRÉCISSEMENT" DE LA DROITE "DEPUIS SIX MOIS"

Maël de Calan, ancien candidat à la présidence de LR et proche de Valérie Pécresse, a pour sa part qualifié de "prévisible" le départ de Virginie Calmels. "Laurent Wauquiez continue à se refermer sur un socle politique de plus en plus étroit, stratégie suicidaire", a estimé l'élu du Finistère.



La présidente de la région Île-de-France a de son côté dénoncé lundi le "rétrécissement" de la droite "depuis six mois" et l'élection de Laurent Wauquiez, refusant d'"entrer dans ces querelles" et disant vouloir au contraire privilégier "le débat d'idées". Face à la "montée des populismes", "nous c'est sur les idées que vous nous trouverez pour élargir la droite et rassembler les deux droites", a-t-elle fait valoir.

"JE NE SUIS PAS UN CLONE"

Dimanche, Virginie Calmels avait, une nouvelle fois, tiré à boulets rouges sur Laurent Wauquiez, qui, selon elle, est "uniquement là pour défendre sa propre ligne". "Il estime qu'il doit son élection qu'à sa seule présence, je ne partage pas cette vision", avait-elle déclaré dans un entretien au Parisien. "J'ai cru avec sincérité à sa volonté de rassemblement et j'ai soutenu ses propositions, car je suis pour un régalien fort. Mais je ne suis pas non plus un clone, je ne suis pas dénaturable", avait-elle insisté.



Première adjointe d'Alain Juppé à Bordeaux et ancienne directrice générale d'Endemol Monde, Virginie Calmels représente une sensibilité libérale au sein de la droite française. La semaine passée, elle avait publiquement critiqué le tract intitulé "Pour que la France reste la France", distribué par son parti. Bien que la direction des Républicains ait choisi de limoger sa numéro 2, cette décision doit encore passer devant le Conseil national du parti pour être approuvée, sans quoi elle ne serait pas conforme aux statuts de LR. La prochaine réunion du Conseil est prévue le 30 juin à Menton, pour un débat consacré à l'Europe.

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