"Café du commerce", "improvisation"... L'opposition fustige le gouvernement à la veille de nouvelles restrictions

"Café du commerce", "improvisation"... L'opposition fustige le gouvernement à la veille de nouvelles restrictions©Panoramic

, publié le mardi 27 octobre 2020 à 20h40

Les chefs des partis politiques se sont montrés très critiques à l'issue de la consultation organisée par Jean Castex, mardi 27 octobre, à la veille d'annonces de "durcissements" des mesures sanitaires.

"Nous avons malheureusement assisté à une forme de grand café du commerce dans lequel chacun était invité à dire ce qu'il avait envie ou pas de connaître dans les prochaines semaines". Ces mots relayés par BFMTV sont ceux du premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, après la réunion organisée au ministère de la Santé, par Jean Castex, mardi 27 octobre.

Le Premier ministre consultait cet après-midi les chefs de partis politiques et de groupes parlementaires autour des "durcissements envisagés" pour faire face à l'épidémie galopante de coronavirus. Emmanuel Macron s'exprimera sur le sujet mercredi soir à 20 heures : il annoncera alors de nouvelles mesures. "Nous devons mobiliser non seulement la représentation nationale, mais l'ensemble de notre pays", a écrit Jean Castex sur Twitter, mardi.


Mais il semblerait que la présentation du gouvernement, mardi, n'ait pas convaincu les responsables politiques d'opposition. "La seule chose que nous comprenons aujourd'hui c'est que la situation est malheureusement grave et exponentielle", a poursuivi Olivier Faure, au micro de BFMTV, à la sortie de la réunion. "Nous aurions aimé avoir les différentes options qui étaient sur la table (...) ça n'a pas été possible", regrette le socialiste. Le chef de file des députés Les Républicains à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, évoque quant à lui un "sentiment d'improvisation, de panique et de manque d'anticipation", toujours au micro de BFMTV. Selon lui, les leaders d'opposition ont assisté à "une réunion hallucinante" et évoque même une volonté du gouvernement d'avoir voulu "mettre en scène une concertation".

Marine Le Pen dénonce même de son côté "une gestion complètement erratique" de la part du gouvernement. "Il y a un défaut d'anticipation totale, il n'y a aucun plan stratégique", ajoute la présidente du Rassemblement national, précisant que les mesures que compte annoncer le gouvernement pourraient rencontrer "un problème d'acceptabilité par les Français". "Nous venons de vivre un voyage en 'absurdie'", a-t-elle même déclaré. Le secrétaire national du Parti communiste français s'est montré plus mesuré. Fabien Roussel a indiqué avoir émis "différentes idées" sur le télétravail, des "pistes" pour "augmenter les capacités d'accueil dans les hôpitaux publics". "Il y a une urgence", a-t-il rappelé. "Si aujourd'hui, la seule issue c'est de passer par un confinement même généralisé, (...) il faut le faire", a admis le chef du PCF. "Notre système sanitaire a été abimé, affaibli ces dernières années", a-t-il insisté. Adrien Quatennens, coordinateur de La France insoumise, n'a pas non plus masqué sa déception. Auprès de BFMTV, il a ainsi déclaré : "On ne nous a pas présenté les différentes options qui étaient envisagées".

Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement a répondu à ces déclarations, et a affirmé retenir "un consensus autour de la réalité de la gravité de l'épidémie en Europe". Il a également indiqué que personne n'acceptait d'arriver au point où les hôpitaux publics doivent faire "un tri entre les patients". "Madame Le Pen est sortie de la réunion avant même que le Premier ministre et les ministres aient pu répondre aux questions qu'elle a posées", a-t-il déclaré devant les médias. "Je m'étonne que ceux qui appellent à la concertation (...) semblent regretter que les décisions n'aient pas été prises avant même que les réunions se tiennent en leur présence", a par ailleurs réagi le porte-parole.

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