"C'est beaucoup plus dur que ce que j'avais imaginé", confie François Hollande

"C'est beaucoup plus dur que ce que j'avais imaginé", confie François Hollande
François Hollande à l'Elysée le 22 juillet 2016.
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publié le jeudi 18 août 2016 à 13h10

- François Hollande se livre à l'exercice du bilan, à un an de l'échéance présidentielle, dans un livre d'entretiens paru mercredi. Il revient sur les moments forts de ses quatre années de présidence et confie son envie de se représenter.

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"C'est dur, bien sûr que c'est dur. C'est beaucoup plus dur que ce que j'avais imaginé". C'est par cet aveu de François Hollande que débute le livre "Conversations privées avec le président", fruit de trente-deux entretiens avec les journalistes Antonin André et Karim Rissouli, et paru en librairies mercredi 17 août. Le Point en publie cette semaine les bonnes feuilles. Tous les sujets sont abordés, alors que le chef de l'État se livre à l'exercice du bilan et se risque à s'imaginer en duel contre Nicolas Sarkozy en 2017.

SUR SON QUINQUENNAT ET LA FONCTION PRÉSIDENTIELLE

"J'ai été élu mais dans le regard de beaucoup de Français, je ne l'étais pas devenu", explique François Hollande, revenant au début de son quinquennat. Il estime cependant que les attentats de janvier 2015 ont été un tournant avec lequel il est "devenu le président dans le regard de beaucoup de gens". "J'ai appris, dans ce moment, sur le fonctionnement du gouvernement". Aujourd'hui, "je suis regardé comme le président d'une belle France", explique-t-il.

Quels sont les moments de son mandat que la postérité retiendra ? "Le Mali, les attentats, le mariage pour tous, la loi Macron...", imagine François Hollande. "Là, j'ai montré que le pays était dirigé. Dirigé par moi". "Le drame, c'est quand vous laissez la place et que vos traces sur le sable s'effacent d'elles-mêmes", confesse-t-il.

SUR L'INVERSION DE LA COURBE DU CHÔMAGE

L'inversion de la courbe du chômage, à laquelle est conditionnée sa candidature pour 2017, est une promesse qu'il ne regrette pas : "Cela m'a permis de mobiliser", assure-t-il. Et s'il elle ne se réalise pas, le président évoque un manque de chance :

"J'ai fait cette annonce de l'inversion de la courbe du chômage parce que je croyais encore que la croissance serait de 0,7-0,8, elle sera finalement de 0,1 ou de 0,2. Puis je répète cet engagement lors des vœux le 31 décembre 2012. J'ai eu tort ! Je n'ai pas eu de bol ! En même temps, j'aurais pu gagner. Mais ça n'aurait rien changé parce que les gens sont lucides, ils savent que ce n'est pas sur un mois que ça se joue".



SUR 2017 ET NICOLAS SARKOZY

S'il fait le bilan, François Hollande ne s'empêche pas de se projeter en 2017 et confie son envie de se lancer dans un deuxième mandat. "L'envie, je l'ai. C'est mon inclination personnelle", dit-il.

Il assure cependant qu'il ne se présentera pas s'il n'a aucune chance de l'emporter. "Je ne ferais pas de choix de candidature si, d'évidence, elle ne pouvait pas se traduire par une possibilité de victoire (...). Ce que les Français attendent, c'est du neuf. (...) Peut-être du neuf avec le même !", glisse-t-il.

En cas de candidature, le président sortant ne se voit pas affronter quelqu'un d'autre que son ancien rival de 2012 Nicolas Sarkozy, qui voudrait lui "défoncer les dents". "Je pense que, s'il ne lui arrive rien, c'est lui que j'affronterai. Je ne vois pas bien comment ils pourront l'en empêcher", explique-t-il. Par rapport aux autres candidats de la droite, François Hollande déclare : "Est-ce que c'est le meilleur scénario pour moi ? Il a plus de qualités que les autres, il a plus de défauts aussi".

Des défauts qu'il n'hésite pas à énumérer, tels que sa "brutalité" ou son incapacité à tirer les leçons de sa défaite en 2012. "On pouvait penser qu'il y aurait une mue, mais quand je l'ai retrouvé dans le stade en Afrique du Sud (lors de la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela en 2013), c'est comme si je venais de le quitter, comme si je sortais du bureau le 6 mai", tacle-t-il. "Ce n'est pas 'moi, président de la République', c'est 'moi, Nicolas Sarkozy'", assène encore François Hollande.

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