Le pass santaire "creuse les inégalités sociales"

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Le député LFI Ugo Bernalicis à l'Assemblée nationale le 28 mars 2018
Le député LFI Ugo Bernalicis à l'Assemblée nationale le 28 mars 2018
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© AFP, JACQUES DEMARTHON

publié le jeudi 29 juillet 2021 à 22h36

Les députés Ugo Bernalicis (LFI), Aurélien Taché (Nouveaux démocrates) et Stéphane Peu (PCF) ont dénoncé jeudi le pass sanitaire, facteur d'"inégalité sociale", peu avant d'être reçus par le Conseil constitutionnel pour déposer une saisine avec 71 autres de leurs collègues. 

Au total, 74 députés LFI, PCF, PS, Nouveaux Démocrates, Liberté et Territoires ont saisi les Sages de la rue Montpensier pour contester le projet de loi élargissant le pass sanitaire. Le Conseil rendra sa décision le 5 août. La nouvelle loi doit entrer en vigueur le 9 août. 

Depuis le 21 juillet, le pass est déjà obligatoire dans les lieux de loisirs et de culture (cinémas, musées...) qui rassemblent plus de 50 personnes. Il sera étendu aux cafés-restaurants, foires et salons, vols intérieurs, trajets en TGV, Intercités et trains de nuit.

Chargés de représenter leurs collègues, MM. Bernalicis, Taché et Peu ont affirmé que ce pass occasionnait "plusieurs ruptures du principe d'égalité" et qu'il y avait "une disproportion dans sa généralisation pure et simple". 

"Les personnes qui ont voulu entamer leur parcours vaccinal après les annonces du président de la République (22 juillet) ne pourront pas se faire vacciner en temps et en heure et donc seront obligés de faire des tests PCR toutes les 48 heures, en période de vacances. C'est une rupture d'égalité flagrante", a affirmé M. Bernalicis.

Pour M. Peu, député de Seine-Saint-Denis, "le pass sanitaire risque d'exclure davantage. La Seine-Saint-Denis est le département le plus contaminé et le moins vacciné, pas parce qu'il y a plus d'antivax mais tout simplement parce qu'il y a une carte des inégalités sociales qui marque une sous-vaccination dans un département où 30% des habitants n'ont pas de médecin traitant".

Selon l'élu communiste, "la loi introduit également dans le code du travail une différentiation entre les salariés en CDD ou intérimaires et les autres, avec une menace de perte sèche d'emploi sans possibilité d'allocation chômage. C'est là aussi une rupture d'égalité et une modification profonde du code du travail, qui met encore plus en instabilité des publics précaires". 

De la même manière, les trois élus ont estimé que le nouveau protocole sanitaire à l'école allait "accroître encore un peu plus les inégalités sociales" et ont dénoncé le caractère "hypocrite" du pass sanitaire.

"Une société de surveillance se met en place", a affirmé M. Taché. "Le pass sanitaire, c'est encore pire que la vaccination obligatoire".   

Les élus contestent également auprès du Conseil constitutionnel d'autres dispositions de la loi, notamment celles concernant "l'état d'urgence réactivé pour les Outre-mer".

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