12.000 euros d'amende requis contre Jean Messiha, poursuivi pour injure

12.000 euros d'amende requis contre Jean Messiha, poursuivi pour injure
Jean Messiha, le 10 janvier 2017 à Paris
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publié le lundi 20 septembre 2021 à 18h40

Le parquet de Versailles a requis lundi 12.000 euros d'amende contre le polémiste d'extrême droite Jean Messiha, poursuivi pour injure publique par le préfet des Yvelines Jean-Jacques Brot qu'il avait qualifié dans un tweet notamment "d'ami" des "islamistes".

En février 2021, en pleine polémique autour des propos d'un professeur de philosophie de Trappes, Didier Lemaire, qui estimait que la ville des Yvelines était "tombée aux mains des islamistes", Jean Messiha s'en était pris au préfet des Yvelines, qui avait critiqué les propose de M. Lemaire.

"Dans les Yvelines, les islamistes ont un ami. Le préfet Brot qui n'est pas content que Didier Lemaire révèle la réalité de l'occupation islamique de la ville de Trappes. La collaboration des préfets, un triste retour des heures les plus sombres", avait-il écrit sur le réseau social.

A la barre lundi, le chroniqueur de CNews a expliqué "assumer" son tweet, qui constituait, à ses yeux, une "réponse un peu hardie et outrancière" au préfet mais pas une injure. Il a cependant présenté ses excuses à l'intéressé, plus haut représentant de l'Etat dans le département, absent à l'audience.

Selon M. Messiha, Jean-Jacques Brot est "sorti de son devoir de réserve" et s'est aventuré sur le terrain du politique lorsqu'il a expliqué, dans la presse et via un communiqué, que Didier Lemaire "jetait de l'huile sur le feu" en tenant des propos "contre-productifs".

Concernant son tweet, Jean Messiha a certifié que les "heures les plus sombres" qu'il mentionne n'étaient "pas exclusivement une référence à la Seconde guerre mondiale".

Pas convaincant pour le procureur, qui a fustigé de "des propos qui n'ont rien d'un propos de débat" de la part d'un homme qui est "sur les plateaux télé ou dans des salons confortables" et non "en première ligne", sur le terrain. M. Messiha, a-t-il appuyé, parle "sans connaitre la réalité des faits".

Le prévenu, ancien cadre du RN, "fait partie de cette cohorte de gens qui crachent sur les institutions en général et leurs représentants en particulier ", a-t-il argumenté dans son réquisitoire, "ceux qui outragent, injurient et menacent les personnes dépositaires de l'autorité publique".  

Le ministère public a donc requis une amende de 12.000 euros, la peine maximale. Le préfet demande lui 3.000 euros de dommages-intérêts qu'il promet de reverser à des associations caritatives.

Le délibéré sera rendu le 18 octobre.  

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