Bygmalion, affaire dites "des écoutes"... Nicolas Sarkozy, un ancien président sous pression judiciaire

Bygmalion, affaire dites "des écoutes"... Nicolas Sarkozy, un ancien président sous pression judiciaire
Nicolas Sarkozy, le 3 mars 2021 au 20H de TF1.

publié le samedi 22 mai 2021 à 07h00

REPERES. Après avoir été condamné en mars dernier dans l'affaire dites "des écoutes", l'ex-chef de l'Etat comparaît de nouveau devant la justice depuis cette semaine dans le procès de l'affaire Bygmalion. 

Retiré de la vie politique depuis sa défaite à la primaire de la droite pour la présidentielle en 2016, Nicolas Sarkozy est rattrapé par les affaires judiciaires.

L'ancien chef de l'Etat enchaîne notamment depuis cette année les procès. On fait le point. 



  
• Condamné en première instance dans l'affaire dite "des écoutes"

Dans l'affaire dite des "écoutes", Nicolas Sarkozy a été condamné le 1er mars 2021 par le tribunal correctionnel de Paris à trois ans de prison, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence.  Une première pour un ancien président de la République. Il a été reconnu coupable d'avoir tenté, avec son avocat Thierry Herzog, d'obtenir d'un haut magistrat, Gilbert Azibert, des informations couvertes par le secret dans une procédure judiciaire. En échange : la promesse d'un soutien pour un poste à Monaco. 

Thierry Herzog et Gilbert Azibert ont été condamnés à la même peine, avec en sus cinq ans d'interdiction professionnelle pour le premier. Les trois prévenus ont fait appel.

• Procès de l'affaire Bygmalion 

Après un renvoi du procès en mars, Nicolas Sarkozy comparaît depuis jeudi à Paris, pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, dans le cadre de l'affaire Bygmalion. Il n'est pas mis en cause pour le système de fausses factures au cœur de la fraude mais pour avoir dépassé le seuil légal de dépenses électorales de plus de 20 millions d'euros.

A part l'ex-chef de l'Etat, le juge d'instruction Serge Tournaire a ordonné en 2017 le renvoi en correctionnelle de treize autres personnes. Leurs différents recours ont été rejetés par la cour d'appel en 2018, puis par le Conseil constitutionnel et la Cour de cassation en 2019. 

• Mis en examen dans l'affaire des soupçons de financement libyen

Des juges enquêtent depuis 2013 sur des accusations de financement libyen de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007, formulées par l'intermédiaire Ziad Takieddine et d'anciens dignitaires libyens.

Le 11 novembre 2020, dans une spectaculaire volte-face, M. Takieddine est revenu sur ses accusations. Mais le 14 janvier 2021, il a de nouveau incriminé Nicolas Sarkozy devant les juges. Le parquet national financier (PNF) avait entre-temps précisé que les charges contre l'ancien président "ne se limitent pas aux déclarations" de l'intermédiaire.

L'ancien locataire de l'Elysée a été mis en examen le 21 mars 2018 pour corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens, puis le 12 octobre 2020 pour association de malfaiteurs. Parmi les autres mis en examen figurent l'ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, l'ancien trésorier de la campagne Eric Woerth et l'ancien ministre Brice Hortefeux.

• Enquête en cours sur ses activités en Russie

Le parquet national financier a confirmé le 15 janvier 2021 avoir ouvert une enquête pour trafic d'influence et blanchiment de crime ou délit visant des activités de conseil de M. Sarkozy en Russie.

Selon Mediapart, cette enquête a été ouverte à l'été 2020. Elle vise à déterminer si l'ancien chef de l'Etat "se serait adonné à des activités de lobbying potentiellement délictuelles" pour le compte d'oligarques russes.

• Mis hors de cause pourses voyages en jet et l'affaire Bettencourt

L'ex-président a bénéficié d'un non-lieu dans plusieurs dossiers : ses voyages en jet privé facturés à la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit ; ses pénalités réglées par l'UMP pour le dépassement des dépenses de campagne en 2012 ou encore l'affaire des dons octroyés à l'UMP par la richissime héritière du groupe L'Oréal Liliane Bettencourt (décédée en 2017).

Dans l'affaire des sondages surfacturés commandés par l'Elysée, Claude Guéant et d'ex-proches de Nicolas Sarkozy doivent être jugés en correctionnelle, l'ancien président étant couvert par son immunité présidentielle.
 

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