Bruno Le Maire veut renforcer la régulation des concessions autoroutières

Bruno Le Maire veut renforcer la régulation des concessions autoroutières
Bruno Le Maire trouve le prix des autoroutes trop cher

, publié le jeudi 16 juillet 2020 à 13h57

Bruno Le Maire, a plaidé jeudi pour un renforcement de la régulation des concessions autoroutières. Le ministre de l'Economie souhaite des contrats plus courts avec les gestionnaires privés et des rendez-vous réguliers pour réévaluer leur rentabilité.

Bruno Le Maire est sur tous les fronts.

Alors que le Premier ministre a détaillé le futur plan de relance de 100 milliards d'euros, prévu pour la rentrée, Bruno Le Maire a annoncé mercredi un possible report de la suppression de la taxe d'habitation pour les plus aisés. Ce jeudi, le ministre de l'économie aborde le dossier des autoroutes.



"Le modèle de délégation de service public à des entreprises privées a apporté la preuve de son efficacité mais la condition, c'est que la régulation soit améliorée", a-t-il déclaré devant la commission d'enquête du Sénat sur les concessions autoroutières.

14,8 milliards de recettes

M. Le Maire, qui était directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin, de 2006 à 2007, au moment de la privatisation des sociétés d'autoroutes, a jugé que cette opération avait été "réussie".

"L'Etat n'a pas vocation à gérer des autoroutes", a-t-il affirmé, estimant que les gestionnaires privés étaient "mieux à même, mieux équipés" pour cela. Mais il a souligné que l'Etat restait propriétaire des infrastructures, n'ayant fait que céder ses parts dans les sociétés gestionnaires. Il a estimé que l'Etat en avait tiré "le meilleur prix", avec 14,8 milliards d'euros de recettes.

Selon le ministre, la qualité de service a été au rendez-vous, grâce notamment à 22 milliards d'euros d'investissements réalisés par les sociétés concessionnaires. "Nous avons un des meilleurs réseaux autoroutiers au monde", a déclaré Bruno Le Maire.

Les tarifs jugés trop chers

Reconnaissant que les tarifs étaient "chers" pour beaucoup d'usagers, il a assuré qu'ils ne s'étaient pas envolés et avaient "augmenté en suivant un rythme proche de celui de l'inflation et conforme aux règles prévues dans les contrats". Mais il a reconnu qu'il y avait "matière à amélioration" sur la régulation des concessions.

"Les hypothèses sous-jacentes aux contrats ne prévoyaient pas la baisse très forte des taux d'intérêt qui a permis aux sociétés concessionnaires de réduire leurs frais financiers, en refinançant leurs dettes à des conditions plus favorables. C'est un point fondamental", a-t-il déclaré.

Bruno Le Maire a jugé "impératif pour les prochaines concessions de pouvoir réévaluer" ce coût de financement "pour que le concessionnaire ne bénéficie pas d'une sur-rentabilité". Il a notamment proposé de réduire la durée des contrats à 15 ans pour des infrastructures "qui ne nécessitent pas d'investissement massif dans les années à venir" et d'instaurer une "clause de rendez-vous tous les cinq ans qui permet de réévaluer les taux de retour sur investissements cibles".

"Je ne crois absolument pas à l'opportunité d'une renationalisation de ces autoroutes", a-t-il dit, estimant qu'elle aurait un coût "considérable pour les finances publics, compris entre 45 et 50 milliards d'euros" et "serait un très mauvais investissement".

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