Bruno Le Maire plaide "pour une Europe plus forte qui construise son indépendance politique"

Bruno Le Maire plaide "pour une Europe plus forte qui construise son indépendance politique"
Le ministre de l'Economie plaide pour une Europe plus indépendante

publié le samedi 04 septembre 2021 à 16h10

"Il n'y a pas de souveraineté politique sans souveraineté technologique", a plaidé le ministre de l'Économie

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire a plaidé à Cernobbio, en Italie, pour "une Europe plus forte" qui construise son "indépendance politique" et une "souveraineté technologique" au lieu de se cantonner à un rôle de "marché commun".


"Nous voulons nous battre pour une Europe qui occupe sa place de grande puissance dans le monde, aux côtés des Etats-Unis et de la Chine" et qui "défende un certain nombre de valeurs", a-t-il déclaré en marge du forum The European House - Ambrosetti, organisé sur les rives du lac de Côme.

Parmi ces valeurs figurent la "solidarité entre les nations" et "un modèle de développement économique respectueux de l'environnement", a-t-il insisté, alors que la France prendra en janvier la présidence tournante du Conseil des ministres européens.

Relocalisations à prévoir

"Il n'y a pas de souveraineté politique sans souveraineté technologique. On ne peut pas être politiquement souverain quand on dépend de l'étranger pour les semi-conducteurs, les batteries électriques ou l'espace", a fait valoir le ministre.

"On doit bâtir cette indépendance européenne en relocalisant des productions industrielles et en construisant de nouvelles chaînes de valeurs dans des secteurs comme l'hydrogène, l'intelligence artificielle, les batteries électriques, les biotechnologies ou la santé", a-t-il expliqué.

Pour financer ces investissements, "il faudra l'union des marchés de capitaux et l'union bancaire", a-t-il relevé. "Nous espérons enregistrer des progrès sur ces sujets où les enjeux financiers sont très lourds".

Consensus européen

La France cherche également à "parvenir à un consensus européen sous présidence française sur la taxation minimale" des multinationales, a-t-il ajouté.

L'Irlande, la Hongrie et l'Estonie rechignent à adhérer à l'accord conclu en juillet par les pays du G20 qui prévoit d'instaurer un impôt mondial d'au moins 15% sur les profits des multinationales et de répartir plus équitablement les droits à taxer ces entreprises.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.