Bruno Julliard, une étoile montante en politique venue du syndicalisme

Bruno Julliard, une étoile montante en politique venue du syndicalisme
L'ex-premier adjoint à la Mairie de Paris, Bruno Julliard, le 5 septembre 2014 à Paris

AFP, publié le lundi 17 septembre 2018 à 18h32

Le public l'a découvert en 2006 en leader syndical étudiant faisant plier le gouvernement Villepin, avant de le retrouver, 12 ans plus tard, en premier adjoint à la Mairie de Paris: à 37 ans, Bruno Julliard jette l'éponge après des mois de dissensions avec Anne Hidalgo. 

"Depuis plusieurs mois, de vifs désaccords d'orientation et de méthodes de gouvernance nous ont éloignés", a-t-il tranché lundi.

L'ancien président de l'Unef, titulaire d'une maîtrise de droit public s'est fait connaître en devenant une figure emblématique du mouvement contre le CPE (Contrat première embauche) en 2006, finalement abandonné par le gouvernement Villepin. 

Cheveux courts, barbe de trois jours soulignant un visage avenant, ce natif du Puy-en-Velay (Haute-Loire), dont la mère socialiste a dirigé la mairie (2001-2008), a connu en 12 ans une ascension fulgurante.

"Socialiste, proche de Martine Aubry sur les questions sociales, de Bertrand Delanoë à Paris", le jeune leader syndical issu d'une fratrie de quatre enfants a mené campagne pour François Hollande en 2012, avant de rejoindre le ministère de l'Education.

De juillet 2012 à mars 2014, il est adjoint chargé de la culture de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris. 

Ecologie, justice sociale, lutte contre l'homophobie, légalisation du mariage homosexuel en 2013 ou de la PMA bientôt en débat: Bruno Julliard, marié à un homme depuis un an, est de nombreux combats.  

Le graal dans son parcours, il le décroche en 2014 en devenant premier adjoint d'Anne Hidalgo.

"Son ascension n'est pas le fruit d'un hasard et de rencontres. C'est une bête de travail, qui ne fait jamais les choses à moitié", confie à l'AFP un ami proche issu des rangs de l'Unef. 

- "La clé" -

Il a une "capacité d'analyse, de conception politique, de transformation: il est la clé" dans une campagne municipale, abondait encore un proche de la Mairie de Paris. 

"En amitié comme au travail, il ne compte pas son temps, et se rend toujours disponible ne laissant jamais ses amis +dans le vent+", témoigne son proche ami. 

Bien que fidèle, le trentenaire ne manque pour autant pas de franchise. 

C'est "un homme plutôt sympa mais assez sectaire. On peut avoir des échanges cordiaux avec lui, mais c'est quelqu'un qui préfère avoir des amis de gauche", tempère Marie-Laure Harel conseillère En Marche de Paris, qui cotoie depuis 10 ans Bruno Julliard. 

Alors que les polémiques se multiplient depuis un an à la Mairie de Paris - marché de Noël, Vélib, Autolib, Tulipes de Koons ou funérailles de Michel Déon -, le Premier adjoint a eu, il y quelques mois, une conversation houleuse avec Anne Hidalgo, confient plusieurs collaborateurs du cabinet. 

Manque de transparence, choix contraire aux engagements pris en 2014... La liste des griefs à l'égard de la maire de Paris s'allonge, et Bruno Julliard l'invite à "paraître moins autoritaire, changer son image", confesse un proche collaborateur. 

"Les rapports ont été très bons entre eux puis se sont banalisés. Il n'y avait plus cette appétence ou ce dialogue politique comme il peut y avoir entre une maire et son premier adjoint", reconnaît-il. 

Toutefois, "Anne Hidalgo voulait qu'il soit disponible (pour la campagne, Ndlr) avec un rôle éminent" en l'occurrence un poste de directeur de campagne, que le jeune politicien a refusé. 

Le choix n'a pas dû être "évident", estime un proche conseiller de la mairie, qui s'interroge sur le plan de carrière du premier adjoint. "Dans la tranche d'âge où il est, au poste où il est... C'est quoi le poste d'après? Etre premier adjoint de nouveau ?"

Bruno Julliard, ami personnel de Gaspard Gantzer, lui-même proche du président Emmanuel Macron, n'a rien dit de ses projets à venir, disant seulement "réfléchir à un autre avenir professionnel" et n'avoir "aucun plan caché".  

Mais ses déclarations au Monde, estimant qu'on ne peut "ignorer les bouleversements majeurs du paysage politique en 2017", laissent planer le doute sur un éventuel rapprochement avec En Marche pour les municipales de 2020.

Mais il défend, pour cette échéance, un projet "social-démocrate et écologique" avec "une majorité solide, dont le cœur devra être au centre gauche".

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