Bourdin et Plenel répondent aux critiques sur leur interview de Macron

Bourdin et Plenel répondent aux critiques sur leur interview de Macron

La méthode d'interview de Jean-Jacques Bourdin (à gauche) et Edwy Plenel (à droite) a fait l'objet de nombreuses critiques dimanche soir et lundi matin.

leparisien.fr, publié le lundi 16 avril 2018 à 11h15

Au lendemain de leur grand entretien avec le président de la République, Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel se félicitent d'avoir «cassé les codes» de la traditionnelle interview présidentielle.

«Je sais que ça a surpris, la forme, mais je suis assez content du résultat. » Ce lundi matin, au lendemain de la grande interview d'Emmanuel Macron sur BFM TV et Mediapart, Jean-Jacques Bourdin se félicite de la gestion de l'entretien qu'il a mené avec Edwy Plenel face au président de la République. Et ce, malgré les nombreuses critiques formulées à l'encontre des deux intervieweurs, jugés tantôt agressifs, tantôt dans la peau d'opposants politiques.

Des commentaires acides se sont fait entendre outre-Manche. « Il n'y a rien de pire que les journalistes (que ces deux-là ne sont pas vraiment) qui pensent qu'ils font partie de l'histoire », a par exemple lancé sur Twitter Jon Henley, journaliste au Guardian. « J'ai l'impression de deux hommes, qui ont toujours pensé qu'ils feraient mieux à l'Elysée que l'occupant, voient maintenant qu'un homme beaucoup plus jeune et talentueux est là. Le truc avec le nom est hyper-énervant ! » a également commenté dimanche soir Alastair Campbell, qui fut le conseiller en communication du Premier ministre Tony Blair.

« Le truc avec le nom » est effectivement l'une des critiques les plus virulente, alors que Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel se sont attachés à appeler le chef de l'Etat par son patronyme, dérogeant au traditionnel « Monsieur le Président ».

« L'essentiel pour moi, c'est que le message soit passé, mais je suis attaché à la fonction présidentielle », a sobrement jugé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

«On a cassé les codes de l'interview ! »

Face aux réserves plus ou moins fortes, les deux intervieweurs se sont prêtés ce lundi au jeu du service après-vente : « Quand je suis là le matin, tous mes interlocuteurs, qu'ils soient président, ministres, premiers ministres, je les appelle toujours par leur nom et leur prénom, comme on le fait dans une conversation », s'est notamment défendu sur RMC Jean-Jacques Bourdin.

« L'interview présidentielle en France est une interview monarchique. Notre objectif tout simple, c'était d'abord de casser ça », a revendiqué de son côté le fondateur de Mediapart. Et son confrère de BFM d'insister : « Ce qu'il faut dans une interview avec un président de la République comme avec un leader de l'opposition, c'est ne pas être au service de l'interviewé. (...) Les interviews où on prend ses distances et où on ménage, on ne pourra plus les voir.» Une pique à peine voilée à son confrère de TF1, Jean-Pierre Pernaut, qui avait mené jeudi un entretien plus policé.

Par ailleurs, « c'est ce qu'il voulait », a assuré Edwy Plenel à propos d'Emmanuel Macron. « D'ailleurs, c'est eux (l'entourage du président, ndlr) qui avaient communiqué sur ça, sur le fait qu'il y aurait de la boxe, on choisit la difficulté etc. Et je pense que si quelqu'un a des intervieweurs qui cassent les codes, il est meilleur ! Nous on fait notre job et lui, s'il aime ça, il est meilleur », a-t-il encore argumenté. « Nous savions en acceptant que l'Elysée avait derrière la tête l'idée de provoquer une interview différente. »

«On a tourné une page, on a cassé les codes. Toute la profession va nous tomber dessus mais je m'en moque ! » a conclu Jean-Jacques Bourdin. Et un deuxième round pourrait avoir lieu pour les deux ans de la présidence de Macron, puisqu'il a déjà répondu « chiche » à la sollicitation en direct de ses intervieweurs.

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