Borloo fustige "la vision de la société inefficace et dangereuse" de Macron

Borloo fustige "la vision de la société inefficace et dangereuse" de Macron
Jean-Louis Borloo, le 22 mai 2018 à Paris.

, publié le jeudi 28 juin 2018 à 10h30

L'ancien ministre de la Ville, auquel Emmanuel Macron avait commandé un rapport sur les banlieues qu'il n'a finalement pas utilisé, s'est montré très critique envers le président de la République.

En mai dernier, Emmanuel Macron avait prévenu : il ne proposerait pas de "plan" banlieues, et ce malgré le rapport commandé à Jean-Louis Borloo. "Ça n'aurait aucun sens que deux mâles blancs, ne vivant pas dans ces quartiers, s'échangent l'un un rapport et l'autre disant, 'on m'a remis un plan, je l'ai découvert'. C'est pas vrai, ça ne marche plus comme ça", avait ironisé le chef de l'État.



Pas rancunier, l'ex-ministre de la Ville s'était dit très satisfait des annonces du président, estimant que "tous les sujets du rapport (avaient) été cochés".

"Je n'ai aucun problème avec le président, je n'ai pas de problème avec quelqu'un qui confie une mission", martelait-il quelques jours plus tard au micro de Radio Classique.

Borloo fustige une "monarchie" qui favorise les riches

Les propos rapportés jeudi matin 28 juin par RTL semblent contredire une telle affirmation. Lors d'une réunion à la mairie de Valenciennes (Nord), qu'il a longtemps dirigée, il a critiqué le fond et la forme de la politique du gouvernement. "Moi, mon sentiment c'est qu'on est en train de remplacer le vieux monde des solidarités par le jeune monde des abandons de ceux qui ont besoin de la solidarité", a-t-il fustigé. "En d'autres termes, il faut faire attention à ce que notre pays ne se retrouve pas dans la situation désagréable où le gratin se sépare des nouilles. Ça n'a jamais fait un grand plat", a-t-il poursuivi.



"C'est le problème d'une monarchie qui en fait n'a plus de moyens, et ce qui me dérange c'est que les quelques moyens qu'elle a, elle a décidé d'arbitrer pour permettre à ce qui courent le plus vite de courir de plus en plus vite", a-t-il dénoncé. "Cette vision de la société, je la trouve inefficace et dangereuse", a-t-il conclu.

La réponse du gouvernement

Christophe Castaner, ministre des Relations avec le Parlement, a répondu, sur LCI : "Il a certainement de l'expérience pour commenter, mais ça m'interroge". "Je ne le savais pas critique gastronomique". "Ceux qui sont aux responsabilités depuis 30 ans sont-ils les mieux placés pour nous expliquer ce qu'ils n'ont pas fait et que nous devrions faire ?", a ajouté le délégué général de La République en Marche.



M. Castaner a dénoncé jeudi matin le double discours de M. Borloo, qui ne dirait "pas la même chose à un moment et à un autre".

"Je pense que la politique est morte de ces réalités-là", de la différence entre "un discours officiel et le reste du temps, du 'bullshit'" a lâché le Secrétaire d'État, qui s'est déclaré "pour la cohérence en politique".

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