Béziers : les affiches polémiques sur le TGV retirées, Robert Ménard continue de se défendre

Béziers : les affiches polémiques sur le TGV retirées, Robert Ménard continue de se défendre
Robert Ménard, ici le 18 octobre 2016 à Béziers, continue de défendre le caractère humoristique de ces affiches.

Orange avec AFP, publié le mardi 12 décembre 2017 à 21h58

La mairie de Béziers (Hérault) a retiré ce mardi 12 décembre les affiches en faveur du TGV, dont le caractère "déplacé" et "violent" à l'égard des femmes a suscité une vive polémique ces dernières heures.

Mardi soir, au lendemain de leur mise en place, il ne restait plus aucune affiche dans la ville, a assuré à l'AFP son service de communication, ajoutant que l'opération était destinée à être de très courte durée. L'une de ces affiches montre une femme ligotée sur des rails, hurlant à l'approche d'une locomotive à vapeur en arrière plan, assortie du commentaire en lettres capitales : "Avec le TGV, elle aurait moins souffert!". 



Cette affiche a aussitôt fait réagir de nombreux responsables politiques, et a entraîné l'ouverture d'une enquête judiciaire.

Mardi, le Collectif national pour les droits des femmes, a annoncé avoir introduit un référé liberté contre le Robert Ménard pour faire retirer en urgence les affiches. 

Lundi, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les hommes et les femmes, Marlene Schiappa, avait dénoncé une "campagne une fois de plus odieuse". "Les humilier, elles, pour faire parler de lui. Robert Ménard repousse les limites de l'ignoble. #NeRienLaisserPasser", avait renchéri de son côté le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.



L'ancienne ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol (PS), avait elle porté plainte aux côtés des Jeunes Insoumis. "Elle s'appelait Emilie, elle avait 34 ans et 4 enfants. En juin 2017, son mari l'a assassinée en l'attachant sur les rails du TGV. L'ignoble Robert Ménard la tue une 2e fois", avait-elle tweeté en référence à un fait divers survenu en juin 2017 en Eure-et-Loir : une femme ligotée sur la ligne LGV Atlantique avait été tuée au passage d'un TGV alors que son époux, soupçonné de l'avoir attachée, s'était suicidé.



TAYLOR SWIFT EN EXEMPLE

"C'est de l'humour. Dans ce cas, il faut interdire Charlie Hebdo et brûler les revues Hara-Kiri", a réagi auprès de l'AFP Robert Ménard, affirmant que l'affiche "fait référence à l'univers du western". Sur Twitter le maire de Béziers a dénoncé des réactions "outrées et paranoïaques", qui "en disent long sur l'ordre moral qui plombe le pays".



"Il aura suffi de cinq affiches - à l'humour très Hara Kiri - pour qu'enfin, les médias et les pouvoirs publics regardent de notre côté et, nous l'espérons, entendent ce que nous avons à dire", a ajouté la mairie dans un communiqué diffusé ce mardi. "Nos affiches ont rempli leur rôle. Place désormais, dans les 'sucettes' de la ville, aux fêtes de Noël", a-t-elle ajouté.



Cette affiche est "de très mauvais goût", avait estimé une source proche du Front national, qui avait soutenu Robert Ménard aux municipales de 2014. "C'est du Ménard: 'je fais n'importe quoi pour faire parler de moi'". En septembre, Robert Ménard avait déjà suscité la polémique avec une affiche utilisant la rhétorique des violences conjugales sur laquelle on pouvait lire : "L'État étrangle nos communes".

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